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Pourquoi le gouvernement de Boris Johnson a repris la main sur le rail britannique

31/05/2021

ARTICLE. En créant la Great British Railways, le gouvernement de Boris Johnson entend mettre un frein au désordre absolu qui sévit sur le ferroviaire britannique. S’il ne s’agit pas d’une nationalisation à proprement parler, le Royaume-Uni a décidé de reprendre en partie le contrôle du secteur pour offrir enfin un service de qualité aux voyageurs. Décryptage.

Pourquoi le gouvernement de Boris Johnson a repris la main sur le rail britannique

Le rail britannique s’apprête à faire un pas en arrière et à revenir sur trente ans de privatisation totale du secteur ferroviaire. Jeudi 20 mai, le gouvernement britannique de Boris Johnson a ainsi dévoilé son livre blanc visant à réformer aussi bien les infrastructures que les services offerts aux clients. L’industrie du train britannique, si elle n’est pas moribonde, – bien que durement secouée par les conséquences de la crise du Covid – est en tout cas en souffrance. Le Premier ministre y répond avec la création de la Great British Railways, organisme public de gestion centralisée du train.

26 entreprises privées se partageaient le trafic des voyageurs

La privatisation a accompagné le développement du ferroviaire au Royaume-Uni, au point d’en faire l’un des pays d’Europe présentant le plus de recettes tarifaires, selon une étude de l’IRG-Rail en 2017. Mais elle a également contribué à disperser l’offre de voyage, tant et si bien que cette dernière était devenue illisible. L’ancien système reposait sur des franchises ; l’État mettait les entreprises en concurrence et leur accordait le monopole de zones géographiques. Elle pouvait ensuite fixer tarifs et horaires.

En 2017, il y avait au total 26 entreprises ferroviaires de transport de voyageurs au Royaume-Uni. Mais surtout, et contrairement à la plupart de ses voisins européens, l’État n’avait plus qu’un contrôle ultra-minoritaire de ses lignes (1,1 %). À titre de comparaison, l’Allemagne, avec pas moins de 137 entreprises concurrentes (IRG-Rail 2017), conservait, via la Deutsche Bahn, le monopole des grandes lignes – qui comptent pour 71,9 % du trafic. Un tel système – s’il n’était pas contrôlé, notion que le (néo)libéralisme goûte fort peu – pouvait vite déborder et devenir incontrôlable… ce qui n’a pas manqué d’arriver de l’autre côté de la Manche.

Quand "privatiser" rime avec "baisser en qualité"

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