Blocus des lycées : le problème est ailleurs
CONTRIBUTION / OPINION. Professeur agrégé de philosophie dans un lycée de campagne, Jacques Lançon* ne cache pas sa colère face au blocus des lycées, en cours depuis le 28 septembre. Pour lui, la révolte actuelle est l’écume d’un mal plus profond.
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Oser parler de "violence vertigineuse" de la part de la police alors qu’il y a eu quarante proviseurs blessés, des dizaines de professeurs tabassés par leurs « élèves », sans compter les centaines de policiers et de pompiers agressés (eux, ça fait un moment qu’on a arrêté de les compter), c'est ça qui est, à proprement parler, vertigineux. Décidément, la rue d’Ulm arrivera toujours à produire des spécimens rares, délicats et merveilleux. Il faut dire qu’il présente bien, celui-là, avec son impeccable costume sombre en super 120 quatre saisons, sa diction rohmérienne et sa tête de gendre socialiste idéal. Nul doute qu’on arrivera vite à lui trouver une place en prépa, un rond de serviette sur un plateau de télévision, un bureau à la fac ou dans une maison d'édition à l’abri du réel, du vivrensemble et des "violences policières", pour bons et loyaux services médiatiques rendus, si ça devient trop dur pour lui.
Sur le fond, le fait que les deux tiers des copies que je corrige au baccalauréat en série générale depuis douze ans (les neuf dixièmes en série technologique) soient écrites par des candidats qui commettent entre dix et trente fautes de français par page n’a pas grand-chose à voir avec l’absence de climatisation, l’état dégradé des toilettes (pour lequel les élèves ne sont évidemment pour rien), des emplois du temps surchargés, le manque d'infirmières, d'AESH et de CPE. Le niveau scolaire du lycée s’est effondré sous les coups des réformes Haby et Jospin qui ont conduit mécaniquement à l’affaissement des exigences aux examens, sans pour autant abolir la compétition et la sélection dans l’enseignement supérieur (il faut bien qu’elles aient lieu quelque part). La DGESCO a été tellement obsédée par la "réussite" des élèves qu’elle a cessé de se demander s’ils apprenaient quoi que ce soit. Après le...
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