Oser réformer l’école pour tenir la promesse républicaine
CONTRIBUTION / OPINION. Comme le montrent les mobilisations des lycéens, l'école française va mal. Ancien directeur d'établissement, notre contributeur propose de repenser intégralement la question éducative en France.
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Depuis trois semaines, mais finalement depuis plusieurs années, les revendications des lycéens, mais aussi des professeurs, des familles se sont accumulées. Aujourd’hui, elles convergent vers quatre piliers : moyens humains, effectifs par classe et démocratie lycéenne, conditions matérielles et changement climatique, rythme scolaire et emploi du temps et enfin orientation post-bac. Légitimes, elles le sont. Portées par des centaines de milliers de lycéens auxquels se sont joints des étudiants. Les interrogations sont multiples et s’adressent à des acteurs institutionnels différents : les régions pour les conditions matérielles au sens large et les ministères de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur pour les autres questions. S’il en était besoin, cette situation montre que le système scolaire est devenu, malgré des compétences partagées et bien définies, tellement sclérosé et centralisé qu’une réforme profonde s’avère nécessaire. Un grand mouvement de décentralisation donnant aux Régions l’ensemble des compétences en termes d’investissement s’impose. Il s’agit de continuer à répondre à l’adaptation au changement climatique des établissements, de revoir les cartes des formations, la répartition des moyens attribués par l’Etat. Les régions de taille conséquente auraient les capacités d’allier proximité, agilité, permettant de mieux assurer l’égalité sur les territoires, entre les territoires, promesse républicaine originelle. L’architecture nouvelle est une première réponse constituant une vraie révolution copernicienne dans l’organisation de l’Etat, en voyant un système jacobin, hyper-centralisé et dont les effets pervers ont été un accroissement des inégalités sociales et scolaires, une fausse mixité sociale et une politique d’inclusion à la carte.
Un outil dont la remise en question est encore taboue est celui de la sectorisation, c’est-à-dire de la carte scolaire. Mis en place en 1963, ce système planifie les flux d’élèves vers les collèges, puis les lycées. Un dispositif toujours en vigueur, bien que maintes fois modifié dans ses modalités. Tous ceux qui s’intéressent au sujet...
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