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Souveraineté : entre impérialisme et anti-impérialisme (Partie 4)

20/11/2021

OPINION. La souveraineté des autres étant la condition de notre propre souveraineté, nos relations avec des puissances impériales engagent directement notre indépendance, tant économique que militaire.

Souveraineté : entre impérialisme et anti-impérialisme (Partie 4)


De Gaulle voulait dépasser la logique des blocs en apaisant les tensions avec la Russie, tandis qu’ils entretiennent ces tensions afin de souder dans la haine anti-russe le bloc occidental. Le discours dominant en Occident durant la première « Guerre froide » (1945-1990) ne cessait d’attribuer la responsabilité du conflit à l’expansionnisme soviétique et à l’idéologie communiste. Mais si la guerre froide continue, c’est la preuve qu’un tel discours était mensonger. Si le communisme était responsable de la guerre froide, l’effondrement du système soviétique aurait sonné le glas de cet affrontement, et le monde aurait tourné la page d’un conflit qu’on attribuait à l’incompatibilité entre les deux systèmes. Il n’en est rien. La Russie n’est plus communiste, et l’Occident vassalisé par Washington l’accuse quand même des pires horreurs. Une renaissance de l’hystérie anti-moscovite d’autant plus significative qu’elle succède à une décennie dont la tonalité géopolitique était fort différente. Fini, le temps où la Russie déliquescente de Boris Eltsine (1991-2000) avait les faveurs du « monde libre ». Soumise à la « thérapie de choc » libérale, elle s’était placée dans l’orbite occidentale. L’espérance de vie de la population régressa de dix années, mais ce détail importait peu. La Russie rejoignait le monde merveilleux de l’économie de marché et de la démocratie à l’occidentale. Son équipe dirigeante, elle, touchait les dividendes d’une reddition qui lui valait son adoption par l’Occident.

Malheureusement pour ce dernier, cette lune de miel a pris fin au début des années 2000. Car la Russie a redressé la tête. Elle n’a pas renoué avec le socialisme, mais restauré l’État. Elle a repris le contrôle des secteurs-clés de son économie — notamment dans l’énergie — que lorgnaient avec gourmandise les requins de la finance mondialisée. Le discours russophobe, malheureusement, n’est pas seulement un discours. Les actes ont suivi....

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