politique

Autoroute : le sénat entérine le scandale

18/09/2020

Le sénat, dans un rapport restitué le 16 septembre 2020, vient de rendre son verdict dans son analyse de la cession des autoroutes en 2006. Il y pointe, entre autres, les juteux bénéfices qu’ont réalisés les sociétés privées grâce à ce marché.

Autoroute : le sénat entérine le scandale

C’est un rapport du sénat qui entérine les manquements de l’Etat. : “faiblesse”, “opacité”, “déséquilibre”, “perte”, sont autant de mots qui jalonnent le document quand il évoque les conséquences de la privatisation des autoroutes en 2006.

C’est le 8 juin de cette année-là, que le gouvernement de Dominique de Villepin a annoncé devant l’Assemblée nationale, sa décision de privatiser les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA). Contre l’avis de Gilles de Robien, alors ministre des transports - qui estimait que les autoroutes remplissaient “une mission de service public”. Elles étaient jusqu’alors, majoritairement détenues par l’État, à une hauteur se situant dans une fourchette de 50 et 62%. Depuis, cette décision n’a cessé de fait couler une encre amère, teintée de dépit et d’indignation.

Pourtant rentables, l’État décida de les vendre, dans le cadre d’un plan de réduction de la dette nationale commandé par Thierry Breton, alors ministre de l’économie. Une revanche de Bercy contre Jean Pierre Raffarin, estime ce dernier au micro de radio France en 2016. Le tarif parait pourtant dérisoire : 14,8 milliards d’euros, alors que la cours des comptes estimait la valeur globale des concessions à hauteur de 24 milliards (rapport de 2009). 14,8 milliards pour plus de 1 000 milliards de dette nationale. Un chiffre qui parait bien faible, mais que ne regrette toujours pas Dominique de Villepin, lequel estime toujours que l’opération s’est faite au juste prix

Les termes de ce contrat surprennent à deux titres. Tout d’abord la durée des concessions, cédées, pour une durée excédant les 25 ans et prolongée plusieurs fois jusqu’à atteindre 2036, pour ASF (Vincy) et AREA (filiale d’Eiffage). Ensuite, par sa clause autorisant l’État à mettre fin aux concessions de manière anticipée, en cas de chiffre d’affaire trop élevé de la part des concessionnaires. Une mesure à priori favorable à l’État...

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