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Chèque inflation : les Gilets jaunes valent-ils un chèque de 100 euros ?

22/10/2021

ARTICLE. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé la distribution d’un “chèque inflation” de 100 euros pour les Français gagnant moins de 2 000 euros net mensuels. Alors que le prix de l’essence va continuer de progresser et que celui du gaz a augmenté de 44 % depuis le 1er janvier, cette mesure permettra-t-elle d’éviter une deuxième crise des Gilets jaunes ? Rien n’est moins sûr.

Chèque inflation : les Gilets jaunes valent-ils un chèque de 100 euros ?


100 euros pour les Français qui gagnent moins de 2 000 euros net par mois : c’est la réponse du gouvernement à l’augmentation du coût de la vie. Ce “chèque inflation”, proposé ce jeudi 21 octobre au 20 h de TF1 par le Premier ministre Jean Castex, s’annonce comme une réponse à la crise inflationniste qui frappe les Français depuis plusieurs semaines. Le gaz, l’électricité, l’essence, tous ont connu une envolée drastique de leurs tarifs. Augmentation qui s’accompagne d’un envol mondial du coût des matières premières et de l’alimentaire. Bref, les Français s’apprêtent à perdre — beaucoup — en matière de pouvoir d’achat, à l’aube d’une nouvelle année électorale lourde d’enjeux.

Relire la Boétie

Ce chèque sera établi sur la base des revenus du mois d’octobre, et versé en décembre pour les salariés du privé, les retraités ou bien les chômeurs, et janvier pour les employés du public. Petite subtilité de taille, alors que cette annonce se fait dans un contexte de grogne sociale sur le coût de l’essence, le Premier ministre ne réduit pas la réponse gouvernementale au carburant : « La question de l’inflation ne concerne pas que [l’essence], nous devons avoir une approche plus large », a-t-il affirmé. Ce chèque concernera donc l’intégralité des Français se trouvant sous le seuil de 2 000 euros net mensuels. Soit quelque 38 millions de Français. Vous avez dit manœuvre électorale ?

Etienne de la Boétie expliquait en son temps, dans son Discours de la servitude volontaire, que « Les tyrans faisaient largesse du quart de blé, du septier de vin, du sesterce, et c’était pitié alors d’entendre crier : "Vive le roi !". Ces lourdeaux ne s’avisaient pas qu’ils ne faisaient que recouvrer une part de leur bien, et que cette part même qu’ils en recouvraient, le tyran n’aurait...

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