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Et soudain, la vieille gauche marxiste se fracassa sur la gauche identitaire

05/01/2021

ARTICLE. Ce week-end, les activistes racialistes et identitaires de gauche ont banni Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, les exilant du camp de la gauche respectable. Leurs torts ? Rappeler la dérive d’un courant plus prompt à diviser au nom du racisme qu’à jouer le jeu du collectif dans la lutte des classes.

Et soudain, la vieille gauche marxiste se fracassa sur la gauche identitaire

C’est un texte du Monde Diplomatique de janvier 2021 qui a mis le feu aux poudres. Dans un papier d’une page, intitulé « Impasses des politiques identitaires », Stéphane Beaud et Gérard Noiriel ont analysé la nouvelle gauche identitaire, racialiste. Un texte qui a fait bondir les principaux concernés qui ont hurlé à la droitisation du discours, tout en critiquant hardiment Le Monde diplomatique pour oser publier un tel pamphlet.

Les auteurs du texte, Stéphane Beaud, sociologue, spécialisé dans les travaux sur la condition ouvrière et Gérard Noiriel, historien de la classe ouvrière, sont pourtant deux hommes qu’il serait difficile d’assimiler à la droite. Le dernier évoqué est même un marxiste pur jus. Jadis vénérés par la gauche, dont cette mouvance indigéniste, ces derniers ont franchi le Rubicon. En écrivant que la convergence des luttes fait désormais place à l’intersectionnalité auprès de cette jeune gauche décoloniale, les voilà cloués au pilori de ces activistes qui n’aiment rien tant finalement que l’intolérance.

Pourtant, le texte n’est pas aussi virulent que ne laissent supposer les réactions. Dans cet article - à la qualité argumentaire par ailleurs assez faible - les deux écrivains commencent par opposer Médiapart à Marianne. Au « Manifeste pour une République française antiraciste et décolonialisée », est opposé l’«Appel contre la racialisation de la question sociale ». Selon les auteurs, les deux se livrent au jeu des «cécités croisées ». Le tort de Marianne est d’affirmer que « notre pays n’a jamais connu la ségrégation » ce qu’ “aucun historien, aucun sociologue sérieux ne peut cautionner” pour les auteurs. Une thèse éminemment discutable. Ces gages donnés à la « gauche » ne suffiront pas à protéger Stéphane Beaud et Gérard Noiriel. Expliquant l’américanisation de la société via les moyens de communication informatiques, Beaud et Noisel enchaînent sur l’analyse de...

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