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Le gouvernement, seul rempart contre l’extrême droite ? Vraiment ?

22/01/2022

ARTICLE. D’après le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, seul le gouvernement dénoncerait la progression de l’extrême droite. Mais la Macronie est-elle vraiment en mesure de donner des leçons de morale en la matière ?

Le gouvernement, seul rempart contre l’extrême droite ? Vraiment ?


« Il y a une sorte de complaisance pour l’extrême droite dans notre pays », a affirmé Gérald Darmanin ce jeudi 20 janvier, invité de la matinale de France Info. Le ministre de l’Intérieur, interrogé sur ses déclarations à l’emporte-pièce qui ont suivi la polémique du clapping lors de la manifestation de samedi dernier contre le passe vaccinal, a ensuite osé expliquer qu’il n’y aurait « manifestement plus que le gouvernement pour dénoncer les petits pas de la Bête immonde ».

Non seulement le ministre a sorti les rames face aux journalistes, sans pour autant assumer avoir surréagi devant des photos manipulatrices qui faisaient croire à des saluts nazis, mais il profitait également de cette grosse erreur pour s’affirmer en seul rempart face à l’extrême droite. Mais un membre du gouvernement Macron — Gérald Darmanin en tête — est-il encore légitime pour donner des leçons de démocratie après un quinquennat où elle aura été passablement malmenée ?

Gestion catastrophique des Gilets jaunes

La pandémie est passée par là et peut-être l’a-t-on trop oublié depuis, mais la France a été frappée d’une crise sociale majeure à compter du 17 novembre 2018. Une partie de la France rurale, périurbaine, cette France dite périphérique que théorise le géographe Christophe Guilluy envahissait les ronds-points pour manifester son ras le bol devant les politiques antisociales du gouvernement. Cette grogne populaire gagnait par la suite Paris, mais c’était sans compter une brutalité d’État qui ne souffre d’aucune comparaison sur les quarante dernières années.

Plus de 12.900 tirs de LBD par les forces de l’ordre ont été comptabilisés en une année de mobilisations. Environ 12.000 interpellations, plus de 4.400 manifestants blessés, dont une trentaine éborgnée et cinq qui ont eu la main arrachée (d’après le journaliste indépendant David Dufresne). Une violence d’État aussi extrême qu’assumée par...

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