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Repas à l’Élysée, Covid-19 : ressentiment général

24/12/2020

OPINION. Qu’il dîne entouré de ses conseillers ou ferme les commerces de proximité, Emmanuel Macron se voit accusé de privilégier les « grands contre les petits ». Cette rhétorique est à interroger.

Repas à l’Élysée, Covid-19 : ressentiment général

Il semble désormais admis que dissocier la question économique du domaine sanitaire au début de l’épidémie fût une erreur. Les restaurateurs et autres commerçants privés d’activité se retrouvent dans une insécurité sanitaire probablement aussi préoccupante que certains malades de la Covid-19. Si certains sont de fait des victimes du confinement, la pertinence de la construction de « figures victimaires » dans le débat public devrait tout de même être questionnée. Dans cette même logique, le ressentiment orchestré par d’aucuns après le repas donné par Emmanuel Macron à l’Élysée mercredi 16 est le signe de ce qui pourrait être qualifié de « justicialisation » de la société. À l’origine de certaines doctrines latino-américaines, la philosophe française Renée Fregosi offre une lecture occidentale du justicialisme dans son livre Les Nouveaux autoritaires : le justicier « venge les victimes et brutalise les élites prétendument corrompues, perverses et licencieuses ». Le débat doit ainsi être clivé entre les dominés et les impunis.

Les heures consacrées au commentaire de la crise sanitaire se multiplient de semaine en semaine dans les médias et, quel que soit l’aspect abordé, cette rhétorique justicialiste est volontiers convoquée. Premièrement, sur la fermeture des commerces de proximité, l’emploi du terme « petit commerce » peut donner l’impression de rater sa cible. Il joue de cette opposition entre puissants et assujettis, oubliant de rappeler que c’est le modèle de consommation qui est concerné. Si les commerces de proximité venaient à faire faillite, les achats devraient nécessairement se faire en ligne, de manière dématérialisée. Mais, dans la dialectique victimaire du petit contre le grand, les supermarchés et autres GAFA sont les coupables tout trouvés, oubliant que leurs employés peuvent être considérés comme « petits », au même titre que les tenanciers des échoppes dans les centres-villes.

Ces derniers jours, c’est l’infection du président...

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