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Georges Kuzmanovic : "Refondre le système des EHPAD n’est qu’un pansement sur une hémorragie interminable"

ENTRETIEN. EHPAD, dépendance, nécessité d’une loi autonomie… Ces termes refont surface aujourd’hui à l’occasion de la désormais tristement célèbre enquête de Victor Castanet sur le système des EHPAD ORPEA, qu’il a retracée dans son ouvrage « Les Fossoyeurs » (Ed. Fayard). Nous avons demandé Aurélie Aulagnon, secrétaire nationale en charge des questions de santé chez République Souveraine et à Georges Kuzmanovic, président et candidat de République Souveraine, leur point de vue.

Georges Kuzmanovic : "Refondre le système des EHPAD n’est qu’un pansement sur une hémorragie interminable"


FP : Quelle est votre lecture du scandale Orpea?


Aurélie Aulagnon :
Cela fait des années que les professionnels du secteur de la gérontologie dénoncent un système à bout de souffle. Et pourtant rien de nouveau du côté des constats sur la gestion de la perte d’autonomie par les autorités compétentes : profits sur le dos des résidents, manque de moyens humains et financiers, maltraitance institutionnelle, contrôles de gestion de l’argent public insuffisants… Or, nous ne sommes qu’au début de la transition démographique, celle qui va voir la part des personnes dépendantes augmenter de 35% d’ici à 2030 (Source INSEE). Le système de santé n’est pas prêt pour ce qui se profile.

FP : Quelles sont les réformes que vous préconisez pour les EHPAD?


Georges Kuzmanovic :
La question des EHPAD mise en lumière ces derniers temps n’est qu’une partie émergée de l’iceberg « prise en charge de la perte d’autonomie ». Vouloir refondre le système des EHPAD n’est qu’un pansement sur une hémorragie interminable. Opposer secteurs public et privé n’est que fermer les yeux sur des dysfonctionnements structurels plus profonds. S’insurger contre les « EHPAD-mouroirs » et les opposer au domicile-où-tout-va-bien est un non-sens, et signe d’une méconnaissance du processus de vieillissement pathologique qui nécessite soins et prise en charge coordonnés. Ne voir le vieillissement que par le prisme de la dépendance et du coût que cela entraîne est se priver de la richesse sociale que sont les âgés.



FP : Comment dès lors changer le système en profondeur?

GK : À République Souveraine, nous entendons le bien vieillir comme le droit de pouvoir avancer en âge en ayant l’assurance que la société et ses gouvernants aient mis en œuvre tous les moyens possibles afin que chacun en bénéficie. L’avancée en âge ne doit pas être un facteur d’exclusion ou...

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