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Pierre Lornac : « L’idéologie des oppressions systémiques a parfaitement intégré l’idée selon laquelle nos vies doivent être subordonnées à la logique du marché et à ses valeurs »

ENTRETIEN. Des dominants et des dominés, des oppresseurs et des oppressés : des médias à l'université, une certaine idéologie intégralement miscible dans le capitalisme néolibéral fait la loi. Dans son livre L'idéologie des oppressions systémiques publié chez Perspectives Libres, Pierre Lornac ose non seulement nommer, mais aussi décortiquer le mal.

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Front Populaire : Que désigne « l'idéologie des oppressions systémiques » ? Quels sont ses temples et qui est son clergé ?

Pierre Lornac : L’« idéologie des oppressions systémiques » est cette grille de lecture qui prétend qu’alors qu’elles proclament la liberté et l’égalité en droit des individus, nos sociétés modernes seraient constituées de groupes qui s’oppriment les uns les autres sur la base de critères tels que le sexe, la race (« qui n’existe pas »), la classe, l’orientation sexuelle, le « genre » (autodéterminé), l’âge ou encore la présence ou l’absence d’un handicap.

J’emploie le mot « idéologie » en opposition à celui de « théorie », qui caractérise une démarche scientifique saine car soumise à l’épreuve du réel (ce que n’ont pas compris les idéologues qui croient marquer des points en affirmant qu’il n’existe pas de « théorie » du genre). L’idéologie est alors un système de pensée qui ne peut jamais être remis en question par des observations factuelles. Ainsi, la surreprésentation des hommes dans les prisons s’explique par une « masculinité toxique » forgée par des dispositifs sociaux. Imaginons maintenant un nouvel état du monde dans lequel les femmes seraient majoritaires en prison : nos idéologues y verraient à coup sûr une nouvelle preuve de l’oppression de la femme, jetée en prison par des mâles perfides. Cette idéologie est alimentée à la fois par des universitaires-militants et par des militants-universitaires, se traduit souvent dans des livres politiques médiocres, puis pénètre dans les écoles, dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les entreprises ou encore dans les administrations publiques, où l’on veillera à « rééduquer » les récalcitrants.


Front Populaire : On peut considérer avec Marx qu’à toute domination socio-économique son idéologie dominante pour la légitimer. Est-ce le cas ici ? Comment l’ « idéologie des oppressions systémiques » et l’idéologie néolibérale, influentes voire dominantes toutes les deux dans leurs champs respectifs, s’articulent-elles ?

Pierre Lornac : Il est clair en tout cas...

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