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Procès de Viry-Châtillon : la justice ne peut pas tout

OPINION. Sarah Halimi, le cardinal Babarin, les policiers brûlés de Viry-Châtillon…les dernières décisions de justice ont pour point commun d’avoir ému une opinion publique à cran. Nous invitant à raison garder, Régis de Castelnau nous rappelle le rôle bien circonscrit de la justice et invite à ne pas se tromper d’adversaire.

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L’émotion provoquée par l’arrêt d’appel prononcé par la cour d’assises dans l’affaire de Viry-Châtillon est parfaitement compréhensible. Comme pour les affaires Sarah Halimi ou Barbarin, l’agenda judiciaire se télescope avec l’actualité d’un pays à cran. L’opinion publique est complètement exaspérée par le spectacle de la montée d’une violence intolérable, dont l’évidence ne résiste plus au déni des belles âmes, et par les liens entre cette violence et les questions de l’immigration. Il s’agit bien d’une question totalement politique que cette situation créée par 40 ans d’abandon par ceux qui avaient la mission de gouverner ce pays. Malheureusement, une fois de plus, on va se tourner vers la justice et lui faire porter une responsabilité qui n’est pas la sienne. Sans connaître tous les détails du dossier, concernant l’affaire Sarah Halimi, on peut cependant sans trop s’avancer, considérer que la procédure judiciaire ne pouvait pas déboucher sur autre chose que cette décision aussi rageante soit-elle. Kobili Traoré, le meurtrier, a été déclaré irresponsable par la justice après une procédure régulière, non pas comme on le lit partout parce qu’il avait consommé du cannabis, mais parce qu’il était en état de démence AU MOMENT DES FAITS. Comme l’ont considéré six experts psychiatres assermentés et choisis sur la liste de la Cour de cassation. Et comme en ont jugé les 18 magistrats du siège qui ont eu successivement à en connaître. Et parce qu’en France, comme dans tous les pays civilisés, et depuis toujours, on ne juge pas les fous.

Le cardinal Barbarin quant à lui a été relaxé des poursuites pour « non-dénonciation de crime », parce que cette infraction ne le concernait pas puisque les faits dont il avait eu connaissance et qu’on lui reprochait (à tort d’ailleurs) de ne pas avoir dénoncé n’étaient justement pas des crimes. On peut être révulsé par...

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