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Dette, rente et prédation néolibérale

17/04/2021

CRITIQUE. Peu connu en France, Michael Hudson est un historien de la monnaie de réputation mondiale. Les éditions Le Bord de l’eau publient une anthologie de la pensée de ce redoutable critique du néolibéralisme : Dette, rente et prédation néolibérale. Une leçon d'économie mais surtout d'histoire. 

Dette, rente et prédation néolibérale

Nous vivons aujourd’hui sous l’empire de la dette. Il est du reste aujourd’hui clair que l’endettement de la France augmentera dans des proportions importantes du fait de la crise économique engendrée par le COVID-19. À ce sujet, les débats font rage. Faut-il rembourser la dette ? L’annuler ? La monétiser ? la faire « rouler » en la transformant en dette perpétuelle ? On pourrait se poser des questions moins techniques et plus historiques. D’où vient la dette ? D’où vient la monnaie ? D’où vient la notion d’intérêt ? La « science économique » est-elle d’ailleurs vraiment une science ? Et le néolibéralisme, est-il un cadre économique nécessaire pour réguler la vie politique ? Ce sont ces questions que Michael Hudson prend le risque de poser et surtout auxquelles il répond. 

Vous ne connaissez probablement pas son nom, et pourtant il est considéré comme l’un des plus grands économistes contemporains. Ancien acteur des marchés obligatoires de Wall Street, il s’est lancé depuis des années dans une étude systématique de l’histoire économique et de ses théories au point de devenir universitaire, précisément historien des systèmes monétaires. Il est notamment celui dont les travaux ont beaucoup influencé ceux de l’anthropologue anarchiste David Greaber, notamment son ouvrage Dette : 5000 ans d’histoire.

Hudson interroge donc en profondeur les concepts fondateurs de nos politiques économiques.  Si le livre est composé du regroupement d’un ensemble de textes a priori hétéroclite, la cohérence globale de l’ouvrage se trouve dans la volonté qu’a l’auteur de retremper la science économique dans le bain du réel et de l’histoire. La doxa économique se présente comme une « science » qu’on ne saurait remettre en cause que par idéologie. Elle dissimule ainsi sa propre idéologie et son propre dogmatisme. C’est à une déconstruction des mythes du libéralisme économique...

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