culturePhilosophie

La place de l'homme dans la nature

01/08/2021

CRITIQUE. Auteur d’une centaine d’ouvrages, Alain de Benoist est spécialiste de l’histoire des idées. Dans La place de l’homme dans la nature (éditions La Nouvelle Librairie), il revient sur les débats et les propositions théoriques autour du thème de l’animalité de l’homme. Un essai érudit tout à fait stimulant.

La place de l'homme dans la nature

« Si vous dites que l’homme est un animal, vous avez raison. Si vous dites que l’homme n’est qu’un animal, vous avez tort. » Konrad Lorenz

D’où vient que, dans les sociétés humaines, les lois naturelles ne s’appliquent pas naturellement ? L’homme est-il un animal comme les autres ? Les animaux sont-ils des personnes ? Ces interrogations désormais régulièrement exposées dans le débat public à la faveur de la montée en puissance de l’antispécisme peuvent se réduire à une seule : y a-t-il une différence de degré ou de nature entre l’homme et l’animal ?

C’est sur cette question de fond qu’Alain de Benoist choisit de se pencher avec le plus grand sérieux. Étant attendu qu’en philosophie, on ne réfute sérieusement une thèse que de l’intérieur, c’est-à-dire non pas en se contentant de lui opposer une thèse différente, mais en montrant les limites qu’elle comporte, le philosophe prend le parti d’examiner minutieusement la thèse antispéciste de son ami, le biologiste Yves Christen.

Les idées à l’endroit

Dans un premier chapitre à la fois dense et compact, Alain de Benoist expose un survol historique de l’approche intellectuelle des rapports entre l’homme et l’animal dans l’histoire des idées. Dans l’antiquité, les Grecs – et singulièrement Aristote, premier empiriste et passionné de biologie – sont monistes, c’est-à-dire qu’il ne dresse pas de coupure infranchissable entre les modalités du réel. Aristote reconnaît une différence entre l’homme et l’animal, vecteur hiérarchie, mais au sein d’une unité fondamentale du vivant.

Les stoïciens feront un premier pas vers le tracé d’une frontière plus nette entre l’homme et l’animal mais c’est le christianisme qui franchit réellement le Rubicon éthologique : les animaux n’ont pas d’âme, seul l’homme en est titulaire. Le rapport de domination pourra alors s’instituer et s’intensifier jusqu’à Descartes et son dualisme radical entre corps et...

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