culturePatrimoineabonnés

L’art contemporain peut-il accaparer le patrimoine historique ?

29/07/2021

DÉBAT. En septembre et octobre prochain, l’Arc de Triomphe sera empaqueté de gigantesques toiles de tissus et de cordes. Performance sur fond d’hommage à l’artiste Christo décédé l’année dernière, le projet est loin de faire consensus. L’occasion de questionner la place de l’art contemporain dans notre société. L’espace public peut-il être un lieu d’expression artistique ? C’est le débat de ce jeudi.

L’art contemporain peut-il accaparer le patrimoine historique ?

Le rendez-vous est donné du 18 septembre au 3 octobre, pour admirer la nouvelle œuvre temporaire de Christo et Jeanne-Claude place de l’Étoile à Paris. 25 000 mètres carrés de tissu argent bleuté et 3 000 mètres de corde rouge pour empaqueter l’Arc de Triomphe, susceptible de modifier la perception du touriste-spectateur sur le monument emballé.

Si la flamme du Soldat inconnu et les cérémonies qui lui sont associées seront préservées, cette performance est loin d’être anodine. Outre le fait de confronter les partisans et opposants sur la théorie de l’in situ, méthode artistique qui dédie l'œuvre à son site d'accueil, elle remet en question la place accordée au patrimoine dans notre société - et par extension notre rapport au passé.

La culture au coin de la rue

La démarche de Christo, décédé l’année dernière, aura de quoi susciter l’étonnement. En avril 2019, dans la perspective du projet de l’artiste, l’essayiste et haut fonctionnaire Anne-Sophie Chazaud s’interrogeait, plutôt favorable au projet artistique : « la sursaturation commerciale et publicitaire de lespace public ne fait-elle (...) pas davantage violence au bien commun quun geste artistique éphémère et créatif ? » L’argument est recevable pour qui ne considère pas que cette expression artistique sera le faire-valoir d’un art contemporain alliant nihilisme et goût de l’argent. Il est vrai que depuis 2007, une dérogation au code du patrimoine autorise, en cas de travaux, les publicités géantes sur les monuments historiques. Résultat : les bâches ont tendance à se démultiplier dans l’Hexagone, et notamment dans la capitale.

Ainsi le citoyen de passage à Paris en 2008 pouvait-il observer une bâche géante aux couleurs de la compagnie Air France installée sur le Grand palais, inratable pour qui traversait le pont Alexandre III. On pourrait effectivement imaginer, quitte à imposer au public...

Contenu réservé aux abonnés

72 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

Chargement des commentaires...

Vous aimerez aussi