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L’assiette Arcopal

CHRONIQUE. Vous souvenez-vous des assiettes Arcopal, qui ont su accompagner des générations entières dans leur croissance ? Tout au long de l'été, notre camarade Jean-Paul Pelras nous incite, avec ces chroniques champêtres, à nous replonger dans ce flot de souvenirs qui font notre identité collective. Car pour des lendemains qui chantent, il faut savoir se souvenir d'hier.

L’assiette Arcopal

C’est l’histoire d’une assiette creuse retrouvée dans une caisse où l’on range ce que l’on ne peut se résoudre à jeter. Tous ces objets qui ont accompagné notre quotidien et que la bien nommée société de consommation nous a poussé à remiser pour leur préférer des modèles plus adaptés aux tendances du moment.

Si vous étiez amateur de soupe au cours des années 70, vous connaissez certainement l’assiette en question. Elle était, à l’image de cette époque où l’on parlait beaucoup de paix en collant des fleurs rondes un peu partout, ornée de motifs oranges représentant des lotus. Motifs attaqués par le temps et par ces innombrables coups de cuillères qui faisaient le quotidien de nos soirées champêtres passées en compagnie de Roger Gicquel sous la lampe jaune des cuisines de campagne.

"C’est donc à cette vaisselle fabriquée avec du verre opale blanc, appelé aussi borosilicate, dans les verreries Cristal d’Arques à partir de 1958 que nous devons, une partie de notre croissance."

L’Arcopal donc, dont débordent nos souillardes et nos rabosts avec des piles d’assiettes à n’en plus finir, des tasses et des sous tasses par dizaines et des bols équipés du fameux motif myosotis qui servaient pour le café, pour le « Nesquik », pour la tisane et même pour les inhalations, quand l’hiver nous surprenait avec un torchon sur la tête à respirer des vapeurs de menthe ou d’eucalyptus.

C’est donc à cette vaisselle fabriquée avec du verre opale blanc, appelé aussi borosilicate, dans les verreries Cristal d’Arques à partir de 1958 que nous devons, une partie de notre croissance. Reconnaissant, je n’ai donc pas jeté l’assiette creuse et encore moins celle à dessert. Elles sont retournées dans cette caisse où, d’ici quelques années, j’irai me souvenir de ce temps où l’on gardait sa vaisselle tant qu’elle...

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