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Le pot de chambre

CHRONIQUE. A la fois réceptacle des basses oeuvres et trône royal, pot de chambre a lontemps occupé, dans le foyer, une place... à part. Tout au long de l'été, notre camarade Jean-Paul Pelras nous incite, avec ces chroniques champêtres, à nous replonger dans ce flot de souvenirs qui font notre identité collective. Car pour des lendemains qui chantent, il faut savoir se souvenir d'hier.

Le pot de chambre

Abordons aujourd’hui, avec la solennité qui s’impose, l’histoire d’un objet désormais davantage utilisé pour contenir un géranium qu’une sentinelle ou un colombin. Je veux bien entendu parler du pot de chambre qui trouve sa correspondance dans l’argot pour signifier un village pluvieux.

Car si l’objet en question a quasiment déserté l’entourage de nos paddocks, il fut considéré pendant des siècles comme étant l’allié indispensable de ceux qui se rendaient où le roi va à pied, qui voulaient écrire à leur propriétaire, qui voulaient déposer le bilan et, plus près de nous, qui veulent envoyer un mail ou un fax.

Le récipient, que les brocanteurs s’arrachent à prix d’or fut, au fil du temps, fabriqué en bois puis en céramique ou en métal émaillé et enfin en plastique avant d’être abandonné au profit des latrines publiques et des gogues domestiques équipés d’une chasse d’eau dont le premier modèle fut inventé, prétendument, en 1592 pour la reine d’Angleterre.

De ce trône royal où, comme le disait Montaigne, on n’est jamais assis que sur son cul, revenons à ce pot de chambre qui, après des siècles de bons et loyaux services rendus est, de nos jours, uniquement destiné aux enfants en bas en ge et à ceux qui convolent en justes noces.

Selon une tradition (paraît-il aveyronnaise), les mariés retrouvés au petit matin de leur première nuit de couple ont donc droit à un cocktail composé de bananes, de pain, de chocolat et d’alcools divers, le tout relevé d’épices et recouvert de papier toilette. Il est dit que le breuvage doit être dégusté en priorité par la mariée, puis par son époux et enfin par les amis. De quoi conjurer peut-être quelques futurs emmerdements.

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