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Les colonies de vacances

CHRONIQUE. Tout au long de l'été, notre camarade Jean-Paul Pelras nous incite, avec ces chroniques champêtres, à nous replonger dans ce flot de souvenirs qui font notre identité collective. Aujourd'hui, retour en enfance, avec les colonies de vacances...

Les colonies de vacances

Evidemment, si je vous dis Youkaïdi aïdi aïda vous comprendrez très vite le sens de ce propos qui consiste à évoquer culottes courtes et bouses de vache, lampes à gaz, piles électriques, duvets froids, feux de camps, corvées de vaisselle et soirées guitares passées à entonner « Sacré bouteille » ou « Il faut que je m’en aille » entre le cri inquiétant du hibou et la danse frénétique des pipistrelles. 

Vous l’aurez deviné, il s’agit de ces colonies de vacances où l’on vous expédiait à votre corps défendant et d’où vous reveniez, la peau boucanée et le cœur en fête, avec quelques cicatrices empruntées aux barbelés des prairies et à ces amours de jeunesse qui faisaient tout le charme des escapades d’antan.

C’est l’église, qui de toute évidence lança le concept voilà plus d’un siècle pour divertir les nistons d’une classe ouvrière paupérisée et condamnée au seul horizon brumeux des cités industrielles. Et c’est le pasteur suisse Hermann Walter Bion qui utilisa le terme « Colonies de vacances » avant que le Front Populaire ne suscite, avec le premier secrétariat aux loisirs et aux sports dirigé par Léo Lagrange, la création de centres de vacances et leurs fameux « monos ». 

Jusqu’au début des années 80, ce phénomène va s’amplifier et deviendra pour certains le prolongement logique, ludique, associatif et républicain de l’éducation scolaire. Progressivement remplacées par les centres de loisir de proximité, les colonies de vacances, telles que nous les avons connues, ne sont plus bien souvent, merci papa, merci maman, qu’un couplet de chanson fredonné par Pierre Perret.

Mais si vous allez fouiller dans la grande cantine familiale, vous dénicherez probablement une couverture brodée à votre nom, quelque timbale cabossée, une gourde métallique, un vieux sac à dos, une fleur séchée dans un ouvrage d’Hervé Bazin et...

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