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L’opéra et la mise en scène contemporaine : un doigt d’honneur au peuple, aux racines et à l’art

OPINION. Derrière un vernis moderne et subversif, la mise en scène contemporaine de l’opéra se caractérise davantage par son élitisme ringard et sa vacuité. Il faudra donc de la volonté politique pour rendre au peuple cet art qui est aujourd’hui le pré carré d’un microcosme subventionné.

L’opéra et la mise en scène contemporaine : un doigt d’honneur au peuple, aux racines et à l’art

Ces quelques lignes ne rechercheront pas la demi-mesure ou la concession. Elles ne chercheront pas davantage à rattacher les propos ou les exemples artistiques à des noms (que le lecteur curieux pourra néanmoins retrouver sans grand mal), car les personnes et œuvres citées ne le sont qu’en tant que symptômes, exemples parmi d’autres du microcosme de l’opéra actuel.

Quel est notre cadre ? L’opéra. Le spectacle total, musique et théâtre mêlés dans l’obscurité de vastes amphithéâtres — et l’élan, l’émotion, la beauté. Mais pour que la magie opère, il faut joindre à la partition la beauté des voix et de l’orchestre, et, objet plus particulier de cet article, la mise en scène. Il sera ici question de la mise en scène actuelle, la manière dont on transmet aux générations modernes le legs des chefs d’œuvres du passé, terrible responsabilité, sacrée s’il en est. Dans cette opposition des époques, on touchera à nombre de problématiques symptomatiques de notre temps : idéologie dogmatique, contrôle élitiste de l’art, mondialisation, abolition de l’histoire… Mais avant d’arriver à ces grands thèmes, commençons par un constat à ras de terre.

La mise en scène contemporaine, arrière-cuisine de la ringardise pour riches

Citons tout d’abord les propos d’un musicologue contemporain, qui nous confie avec soulagement qu’« on ne voit pratiquement plus de spectacles classiques ringards ». Sans doute le musicologue se félicite-t-il que la ringardise ait définitivement déserté les scènes d’opéra. Je m’inscris en faux contre ce constat. J’ai eu le privilège de découvrir l’opéra aux alentours de 2010, passé mes vingt ans, époque où, depuis belle lurette, avaient presque entièrement disparu les « spectacles classiques ringards ». Pourtant, après avoir assisté à plusieurs spectacles mis en scène d’une manière toute contemporaine, un mot s’est justement imposé à mon esprit avec toute sa force :...

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