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Pigistes: les parents pauvres du journalisme?

19/06/2020

Frédéric de Jully est journaliste indépendant. Par son témoignage, il montre combien la profession de pigiste, si elle est très souvent marquée par la précarité, est aussi très diverse. Les pigistes sont souvent victimes de la critique indifférenciée des journalistes et des médias.

Pigistes: les parents pauvres du journalisme?

D’après la CCIJP*, les pigistes représentaient en 2018 plus de 22% des quelque 35.297 titulaires d’une carte de presse, chiffre incluant certes les journalistes en CDD, mais non ces milliers de rédacteurs occasionnels et d’autoentrepreneurs que compte la profession. Ce statut de pigiste renvoie à des réalités très diverses, qu’elles soient liées à son caractère choisi ou subi, à la nature des travaux effectués ou au type de médias considérés. Pigiste depuis 13 ans, je n’en suis pas un cas spécialement typique. Je ne prétends pas m’exprimer au nom des autres.

J’ai principalement travaillé dans la presse écrite professionnelle, spécialisée ou régionale. Je me crois un pigiste chanceux : je le suis par choix et n’ai jamais manqué de travail. Tous n’en sont pas là : beaucoup espèrent rejoindre une rédaction à temps plein et ne plus avoir à quémander de piges pour joindre les deux bouts.

Diplômé d’une école de commerce, je n’ai pas été formé dans un établissement spécialisé (ESJ, Celsa) ou un IEP (Sciences Po). Cela n’a rien d’exceptionnel : j’ai connu dans ce milieu des diplômés en histoire, en informatique, en finance ou même en santé publique. Dans la presse spécialisée, ces profils sont souvent appréciés, même s’ils sont moins présents dans les médias généralistes, qui recrutent surtout des journalistes de formation. J’ai l’impression que la crise du secteur frappe d’abord ces derniers, plus vulnérables et interchangeables. Les grands médias, qui croulent sous les candidatures et ont plutôt tendance à réduire la voilure, les paient souvent mal et leur donnent peu de travail.

Un arbitrage permanent

J’ai choisi ce statut pour travailler à domicile, varier les collaborations et adapter mon rythme à mes besoins. J’ai bien sûr beaucoup de contacts, mais ils restent superficiels et essentiellement téléphoniques. « Je n’arriverais pas à me discipliner, à me lever le matin, à ne voir personne » : voilà

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