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Pourquoi les élites françaises ont abandonné la planification (partie 5)

03/08/2022

ENTRETIEN. Et si démondialisation rimait avec planification ? C’est l’hypothèse de travail de Jacques Sapir dans Le grand retour de la planification ?(éd. Jean-Cyrille Godefroy). Dans cette cinquième partie, l'économiste revient sur les raisons qui ont, dès le dernier quart du XXe siècle, poussé les élites dirigeantes françaises à se détourner de la planification.

1ère partie de l'entretien
2ème partie de l'entretien
3ème partie de l'entretien
4ème partie de l'entretien
6ème partie de l'entretien

Pourquoi les élites françaises ont abandonné la planification (partie 5)


FP : La planification française recule à partir des années 1970 alors que s’opère un changement de paradigme : néolibéralisme, financiarisation de l’économie, construction européenne... Vous montrez qu’il est moins question d’une nécessité économique que d’un choix idéologique. Perte du sentiment national chez les élites ?

JS : Il n’y avait aucune nécessité à l’affaiblissement de la planification. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y eut pas, du début des années 1970 – et même avant – aux années 1990 le projet d’une partie des élites de se débarasser du Plan.

Ainsi, la prégnance de l’Acte Unique a été préparée par la France, du fait du tournant pro-européen pris en 1983 par François Mitterrand qui inaugura une ère de rigueur. Enfin, la financiarisation fut un choix délibéré des élites administratives françaises [1]. Le point central est que les élites administratives, qui avaient assuré le succès de la...

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