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Librairies fermées : la fronde du milieu de l’édition

18/11/2020

ARTICLE. En appelant les écrivains à financer les amendes des libraires osant braver l’interdiction d’ouverture, Alexandre Jardin et Olivier Nora appellent à la désobéissance civique pour contester une situation jugée absurde et inique.

Librairies fermées : la fronde du milieu de l’édition

« Vous avez déjà vu un pays où les livres sont bâchés ? » interrogeait ce week-end au micro d’Europe 1 le patron des éditions Grasset, Olivier Nora, en réaction à toutes les zones livresques momentanément prohibées par des ribambelles de plastique dans les grandes surfaces. Pour Olivier Nora, cet alignement par le bas, consistant à interdire aux grandes surfaces de vendre leurs livres pour éviter la concurrence déloyale avec les librairies fermées, au lieu de laisser ouvert à la fois les librairies et les grandes surfaces, est totalement absurde, en plus de mettre en danger toute la filière du livre.

Considérant que le livre fait partie des produits de première nécessité, précisément dans un pays culturel comme la France, Olivier Nora, accompagné et soutenu par l’écrivain Alexandre Jardin, a rappelé les enjeux en termes de modèle économique et culturel : « On sait bien qu’il ne s’agit pas de censure, mais dans un pays qui prétend avoir une exception culturelle, quand l’exception consiste à fermer la librairie et à rendre inaccessibles les livres, sauf par le biais d’Amazon (…) Si vous voulez faire des Français des enfants de Netflix et d’Amazon, il faut le dire. Mais ce n’est pas exactement ça, l’exception culturelle… »

Depuis lors, les deux hommes ont pris la tête d’une fronde du milieu de l’édition contre les mesures gouvernementales et sont notamment soutenus par le Syndicat national de l’édition. A l’heure actuelle, seule la pratique du « click and collect » (transformant les librairies en sorte de relais colis) est autorisée et les règles ne devraient pas bouger avant le 1er décembre, selon les dernières déclarations du Premier ministre Jean Castex. Or cette pratique ne permet aux librairies de combler qu’environ 10% à 15% de leur chiffre d’affaires. Pas assez pour faire survivre une filière...

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