Malgré les aides françaises, Sanofi investit aux États-Unis
ARTICLE. À la veille du sommet « Choose France », Sanofi annonce un investissement de 20 milliards… aux États-Unis. Malgré les aides publiques françaises, le géant pharmaceutique délaisse l’Hexagone, suscitant embarras à Bercy.
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La pilule passe mal à la veille du sommet annuel « Choose France ». Le laboratoire pharmaceutique Sanofi a choisi les États-Unis plutôt que la France pour investir 20 milliards d’euros. Ce mercredi, le groupe français a annoncé qu’il investirait cette somme colossale sur le territoire de l’Oncle Sam sur cinq ans, afin de répondre à « une augmentation significative des dépenses de recherche et développement » dans le pays et « à la production américaine ». Sanofi n’est pas le seul à avoir massivement investi chez l’Oncle Sam. Le labo français emboîte le pas à plusieurs de ses concurrents (Bristol Myers Squibb, Gilead, TAKEDA, Roche, Novartis), qui ont tous fait des annonces en ce sens ces dernières semaines. L'industrie pharmaceutique, jusque-là épargnée par les mesures protectionnistes américaines, fait face à un revirement avec le retour de Trump et ses menaces de droits de douane pour relocaliser la production et faire baisser les prix des médicaments de 50 à 80 %.
La veille de cette annonce, Emmanuel Macron louait pourtant le succès de Sanofi en France. Face à la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, le président de la République se félicitait de la création d’une usine d’ARN Sanofi à Lyon et du redémarrage de la production de paracétamol sur le territoire — tout en omettant de rappeler que Sanofi avait déjà cédé l’une de ses filiales comprenant le Doliprane au fonds d’investissement américain CD&R il y a quelques mois. Mais aujourd’hui, même à Bercy on fait grise mine. Le lendemain du communiqué de Sanofi, le ministre de l'économie, Éric Lombard, a fustigé « une annonce désagréable » et « un mauvais signal à un moment où nous considérons et nous sommes convaincus que […] l’Europe et la France, c’est l’endroit où il faut investir », sur BFM Business. « Effectivement, j'aurais préféré que Sanofi prenne une autre décision...
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