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90 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 : l’UE s'entête dans son dogme écologiste

ARTICLE. Cet objectif aussi radical que (beaucoup) trop ambitieux est contesté par une partie des États membres de l’UE et de la droite européenne. Pourtant, la commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall, n’entend pas faire marche arrière. Quoi qu'il en coûte.

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Jessika Roswall, commissaire européenne à l'Environnement.© Wiktor Dabkowski/ZUMA/SIPA


Le monde bascule. Depuis l’élection de Donald Trump, les attaques venant des États-Unis se multiplient. Dernières en date, une série d’augmentations spectaculaires des droits de douane décrétés par le président américain ce mercredi 2 avril. L’Union européenne assiste déboussolée à un changement géopolitique majeur qui l’oblige à repenser ses dogmes économiques et industriels. Pour autant, elle n’entend pas sacrifier son écologisme. Ce jeudi 27 mars, la commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall a ainsi rappelé que l’UE ambitionne toujours de réduire de 90 % d’ici à 2040 les niveaux d’émissions de gaz à effet de serre de 1990.

Bien qu’elle ait pris du retard, dans un « avenir proche », la Commission devrait proposer une feuille de route pour y parvenir, a-t-elle expliqué lors d’un point presse à l’issue d’une réunion des ministres de l’Environnement de l’UE jeudi. Cette sortie vise à étouffer les contestations de plus en plus véhémentes de certains États membres qui s’interrogent assez logiquement sur la manière de parvenir à cet objectif particulièrement (pour ne pas dire "trop") ambitieux. En 2023, cette baisse a atteint un total de 37 %. Plus que 53% à atteindre d’ici la date limite. Un gouffre qui n’est qu’une étape vers la neutralité carbone ciblée en 2050 déterminée dans le cadre du paquet « Fit to 55 ».

Pour l’Italie, et Gilberto Frattin son ministre de l’Énergie, « la Commission devrait réévaluer l’objectif de réduction de 90 % à l’horizon 2040 par rapport aux alternatives de 80 % et 85 %. De leur côté, la République tchèque, mais aussi la Hongrie et la Slovaquie, espèrent jouer la montre, tandis que l’Allemagne ne sait plus trop sur quel pied danser depuis que les élections législatives locales ont chamboulé la dernière coalition tricolore. Quelques pays comme l’Espagne ou la Finlande espèrent conserver le 90 %...

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