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En Grèce, la lente cicatrisation d'une fracture démocratique

Olivier DELORME

27/05/2023

CONTRIBUTION / ANALYSE. Les élections législatives grecques du 21 mai ont vu la victoire du Premier ministre sortant Kyriakos Mitsotakis. L'occasion pour Olivier Delorme de dresser l'état des lieux politique d'un pays meurtri par Bruxelles et où le ressentiment envers la classe politique reste fort.

En Grèce, la lente cicatrisation d'une fracture démocratique


Le dimanche 21 mai, les Grecs élisaient leurs députés pour la troisième fois depuis le référendum du 5 juillet 2015 où 62,50 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes pour dire NON, à 61,31 % des suffrages exprimés, aux politiques imposées par l’Union européenne. On se souvient que ce scrutin référendaire avait eu lieu un peu plus de cinq mois après les élections législatives du 25 janvier 2015 (63,62 % de participation) qui avaient vu la victoire de Syriza (36,34 %) et du petit parti de droite « Grecs indépendants » (4,75 %) avec qui il ferait alliance pour gouverner sur la base d’un refus de ces politiques européennes d’austérité et de bradage du patrimoine public.

Dans un pays où, depuis le rétablissement de la démocratie en 1974 jusqu’en 2004, les électeurs avaient toujours été plus de 75 % à voter (avec des pointes au-dessus de 80 %), le coup d’État européen imposant les deux premiers mémorandums (mai 2010 et février 2012) et le remplacement d’un Premier ministre élu par un banquier non élu (novembre 2011), avait déjà provoqué, entre les élections de 2009 et celles de janvier 2015, une baisse de la participation de 7,33 %. La trahison du mandat de résistance donné par les électeurs en janvier, et amplifié par le référendum bien au-delà de la base électorale des deux partis de la coalition, y avait ajouté une nouvelle baisse de 7,05 % lors des législatives anticipées de septembre 2015 (56,57 %). Au total, la participation s’était donc effondrée de 14,42 % entre 2009 et septembre 2015 : fracture démocratique majeure qui était comme la réponse des électeurs au propos du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (janvier 2015) : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Si le choix, lors de l’élection, doit se limiter à désigner sur sa bonne mine celui qui mettra en œuvre...

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