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Enfants iraniens : le mutisme du monde face à l’insoutenable

CONTRIBUTION / OPINION. De la répression politique à l'exposition de civils aux bombardements, les enfants iraniens ne sont pas épargnés par le régime de Téhéran. Loin de là. Face au sang et aux larmes, le silence de l'Occident est assourdissant, estime Ana Pak, militante franco-iranienne pour la démocratie.

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Manifestation organisée le 20 avril à Téhéran par le pouvoir iranien.© Iranian Supreme Leader'S Office/ZUMA/SIPA


« Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est l’obstination du témoignage ? » — Albert Camus

Massacres, répression, intoxications d’écolières, instrumentalisation d’enfants-soldats : depuis près de cinquante ans, les enfants iraniens font les frais du régime islamique. Pourtant, face à ces crimes répétés, la réaction internationale demeure faible, voire inexistante.

Chaque banc vide est le cri d’un enfant réduit au silence. Une génération dont l’avenir a été confisqué par la peur, la violence et la répression. Et, jour après jour, de nouveaux fragments des crimes des 8 et 9 janvier 2026 continuent d’émerger et de nous parvenir.

Et puis un autre silence. L’aphasie du monde libre à l’ère de la circulation rapide de l’information sur ces massacres d’enfants par le régime islamique de Téhéran.

Le 15 février 2026, plus d’un mois après l'hécatombe des 8 et 9 janvier et la mise à mort d'entre 40.000 et 60.000 Iraniens, les écoles s’ouvrent ; le Conseil de coordination des organisations syndicales des enseignants affirme que plus de 230 enfants et adolescents (aussi nombreux que les élèves de toute une école) ont été tués lors de la répression des manifestations de janvier. L’organisation a appelé à un deuil dans les écoles, mettant en garde contre la banalisation des « bancs vides ».

Par-delà le prix du pétrole et de l’essence, une question demeure : que valent la vie des enfants et leurs droits lorsque leur répression meurtrière ne suscite ni réaction, ni indignation, ni même un mot d’empathie ? Parce qu’ils ne sont pas palestiniens ? Parce que les criminels sont des islamistes ?

L’histoire iranienne, depuis la domination des islamistes en 1979, montre que les enfants n’ont jamais été épargnés par ce régime cartelo-mafieux. Au contraire, durant huit ans de guerre Iran-Irak de 1980-1988, le régime envoya des centaines de milliers d’enfants à partir de 12...

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