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Lettre ouverte d'une citoyenne iranienne au pape Léon XIV

CONTRIBUTION / OPINION. La décoration de l'ambassadeur d'Iran au Vatican Mohammad Hossein Mokhtari, récemment nommé Grand-croix de l’Ordre de Pie IX par le pape Léon XIV, envoie un signal diplomatique inquiétant, estime notre contributrice, qui adresse cette lettre ouverte au souverain pontife.

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© IRNA NEWS


Pape Léon,

Je vous écris avec la colère et la douleur d’un peuple abandonné depuis quarante-huit ans à un totalitarisme islamique qui gouverne par la peur, les prisons, les exécutions et le sang. Depuis quarante-huit ans, le peuple iranien vit sous la répression, les humiliations, la torture et la mort. Des femmes sont battues, violées et assassinées. Des jeunes sont pendus. Des enfants grandissent dans la terreur. Des familles entières sont détruites pendant qu’un pays immensément riche est vidé de sa dignité et de son avenir. Des parents vendent tout ce qu’ils possèdent pour survivre. Des enfants travaillent au lieu de vivre leur enfance. Des familles sont poussées à vendre leurs organes ou leur avenir pour échapper à la misère pendant qu’une minorité islamique vit dans le luxe.

Et pourtant, malgré tout cela, malgré les massacres, malgré les prisons, malgré les disparitions, le peuple iranien continue encore de se lever. Chaque Iranien qui descend dans la rue sait ce qu’il risque. Il sait qu’il peut être tué. Arrêté. Torturé. Violé. Condamné. Exécuté. Il sait qu’il peut ne jamais revenir chez lui. Et malgré cela, génération après génération, des femmes, des hommes, des étudiants, des adolescents et même des enfants trouvent encore le courage de se dresser face à leurs bourreaux. Non pas face à de simples fusils, mais face à des mitraillettes, des armes de guerre, des blindés, des missiles et des forces prêtes à tirer sur le peuple d'Iran.

Le monde entier se souvient encore du vol ukrainien abattu, emportant des centaines de vies innocentes. Il se souvient aussi des écoles, des rues et des manifestations transformées en lieux de répressions et carnages contre des civils sans défense. Le sang des 40 a 60.000 Iraniens tués les 8 et 9 janvier n'est pas encore séché.

S’il existait aujourd’hui une...

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