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Erdogan contre le droit des femmes : la réponse d'une féministe

OPINION. Être de gauche universaliste amène à penser la question de la majorité. Or, Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie, semble oublier que les femmes constituent plus de la moitié de la population mondiale : il est sorti, via un décret présidentiel, du traité européen sur l’égalité hommes-femmes en cette fin mars. 

Erdogan contre le droit des femmes : la réponse d'une féministe

N’en déplaise au courant actuel dit « féministe », misandre, misogyne ; à savoir le néo-féminisme triomphant dans les médias français, le véritable féminisme fut historiquement toujours à gauche, universaliste et pensé dans sa transversalité : peu importe l’âge, peu importe l’endroit, peu importe son origine ethnique, peu importe sa classe sociale, une femme sera toujours plus discriminée qu’un homme. Rappelez-vous les mots de Flora Tristan, "La femme est la prolétaire du prolétaire". Par ailleurs, le fait d’essentialiser les individus impacte aussi les hommes qui se voient contraints au mythe de la virilité, de l’absence d’émotions et autres joyeusetés. En cela, le féminisme apporte une réponse humaniste aux maux de nos sociétés occidentales. Les véritables féministes, celles attachées à la deuxième vague du courant, ne peuvent qu’être effrayées par l’actualité turque : Erdogan sort du traité européen sur l’égalité hommes-femmes laissant pour compte la moitié de la population et, dans une époque victimaire, pour le coup, de réelles victimes.

Féminicides niés et encouragés dans une Turquie réactionnaire

Là où on parle d’homicides, on parle de féminicides lorsqu’une femme est tuée parce que née... femme. Avec près de 500 meurtres par an de femmes, la Turquie est un nid de violences faites aux femmes. À Istanbul, une grande manifestation a eu lieu ce samedi 27 mars pour lutter contre le président sexiste et se battre pour des évidences : une femme n’est pas déterminée par son vagin. Elle n’est ni « pute », ni « mère ». Elle est un être humain avant toute autre considération.

Or, le parti « de la Justice et du développement » (AKP) du président Erdogan ne voit pas d’un bon œil l’émancipation des femmes dans une république turque basée sur une idéologie islamiste, par conséquent, patriarcale. L’historienne franco-tunisienne, Sophie Bessis, le notait dans le journal...

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