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Green deal : quand la Commission européenne souffle sur les braises

20/07/2021

ARTICLE. En présentant mercredi dernier (14 juillet) son paquet climat baptisé « Fit for 55 », la Commission européenne voit les choses en grand : un « fonds social » de 72,2 milliards d’euros dans l’espoir de faire avaler la pilule de sa nouvelle tarification carbone. La bonne vieille méthode de la carotte et du bâton, ouvertement assumée par Bruxelles.

Green deal : quand la Commission européenne souffle sur les braises

Ce 14 juillet, Bruxelles fêtait sa « révolution » verte. Pour répondre aux ambitions votées fin 2020, au premier rang desquelles figurait la réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, la Commission européenne a présenté son paquet appelé « ajustement à l’objectif 55 ». Comprendre, une déclinaison d’environ 14 révisons, amendements de législations existantes et de propositions politiques.

Outre la suppression des véhicules thermiques d’ici à 2035 ou encore l’accélération de la rénovation des bâtiments et du déploiement des énergies renouvelables, ce premier jalon du Green deal à mille milliards n’a pas renoncé à son nouveau marché carbone pour le secteur du transport et du bâtiment. Et ce, en dépit des pressions exercées par la France qui n’a pas oublié la crise des Gilets jaunes. Une mesure qui aurait pour conséquence l’augmentation du coût du carburant à la pompe ainsi que celui du chauffage au fioul, en proposant de fixer un prix du carbone « harmonisé » entre les États européens.

Après le bâton, la carotte

Par l’extension du principe du pollueur/payeur au transport et au bâtiment, les dépenses des ménages européens les plus modestes pourraient augmenter de 44% par an pour les transports, et plus de 50% pour le chauffage résidentiel en moyenne, d’après les prévisions d’un rapport publié par le think-tank ERCST. Et pour cause : en souhaitant créer dès 2026 un nouveau marché du carbone au sein duquel les industriels pourront se répartir une quantité maximale d’émission de CO2 fixée à l’avance, la Commission européenne demandera en effet que le fournisseur achète au préalable une partie de ce stock de carbone déterminée en fonction de la quantité de combustible qu’il souhaite vendre, tout en baissant le plafond de CO2 proposé sur ce marché. Mécaniquement, la baisse du stock fera grimper leur...

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