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La Turquie est-elle notre ennemie ?

16/09/2020

L’accrochage avant l’été, entre deux bâtiments de guerre en mer Méditerranée vient souligner l’état plus que précaire des relations franco-turques. Alors que la presse française rapporte une « escalade » entre les deux pays, il semble pertinent de s’interroger sur les raisons de cette brouille actuelle.

La Turquie est-elle notre ennemie ?

L’accrochage avant l’été, entre deux bâtiments de guerre en mer Méditerranée vient souligner l’état plus que précaire des relations franco-turques. Alors que la presse française rapporte une « escalade » entre les deux pays, il semble pertinent de s’interroger sur les raisons de cette brouille actuelle.

En décembre 2004, Jacques Chirac estimait que l’adhésion de la Turquie était la seule voie possible entre l’Union européenne et l’héritier de l’empire ottoman. Modèle quasi unique d’Etat musulman aux institutions laïques, le pays semblait vouloir faire un pas décisif vers l’Occident et désirer s’y amarrer fermement.

Déjà, des voix décrites comme issues « des courants souverainistes et d’extrême-droite[i] » - façon de les disqualifier à l’avance – s’élevaient contre l’entrée dans l’Union européenne d’un Etat dirigé par un parti islamo-conservateur en la personne du premier ministre d’alors, un certain Recep Tayyip Erdogan. D’autres, plus pragmatiques, se posaient la question de fixer enfin les limites d’une Union qui semblait faire tache d’huile à l’infini, et de fait empêcher la création d’une entité politique cohérente.

16 ans plus tard, plus personne n’évoque sérieusement la possibilité d’une adhésion à l’UE, le maintien officiel des négociations n’étant qu’un avatar supplémentaire de l’incurie européenne sur ses procédures d’élargissements. Les deux rives du Bosphore n’ont jamais semblé aussi distantes, et l’UE fait maintenant face à un puissant empire aux visées hégémoniques sur le sud de la méditerranée. A l’intérieur, le pays s’est islamisé et les valeurs occidentales (celles qui tiennent sur le revers d’une boite d’iPhone) ont beaucoup reflué, en même temps que son économie se libéralisait, battant une fois de plus en brèche l’idée éculée que le libéralisme économique produit nécessairement des sociétés libérales.

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