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L’obsession otanienne : simples fautes ou véritables trahisons ?

23/02/2022

OPINION. Au moment où l’élargissement de l'OTAN fait des remous en Ukraine, la question de notre indépendance géostratégique vis-à-vis de la politique américaine refait surface. Comment en est-on arrivé là ?

L’obsession otanienne : simples fautes ou véritables trahisons ?


L’OTAN, si nous voulons bien considérer sa substance, n’a plus aucune raison d’être depuis la disparition du Pacte de Varsovie et l’effondrement de l’URSS. Son maintien exprime donc désormais une perspective différente de sa légitime vocation originelle qui reposait sur la défense de l’Occident face à la réelle menace marxiste. Elle n’est donc plus défensive, mais s’est érigée en un instrument entièrement conduit par les États-Unis pour servir leurs intérêts. Elle est un faux-nez, ou plus exactement une caution obligée apportée par une trentaine de pays à la politique impérialiste des États-Unis, sans désormais plus aucune limitation géographique. Seule l’ONU pourrait y voir une concurrence, mais elle est paralysée par le Conseil de sécurité où trois pays de l’OTAN, membres permanents, disposent d’un droit de véto.

Nous pouvons déceler, dans cette impossibilité de contestation, les limites de cette organisation. La France pendant 44 ans est demeurée à l’extérieur de l’OTAN et a pu, durant toute cette période, assurer sa dimension géopolitique sans encombre, trouvant dans chacune de ses interventions, là où l’offre se présentait, les soutiens et appuis qu’elle souhaitait, surtout pour des raisons davantage de confort opérationnel que de nécessité. Elle a bizarrement rejoint cette nouvelle forme d’organisation alors que le mur de Berlin était tombé et que l’URSS s’était écroulée. Cette démarche se traduit, en conséquence, par une adhésion délibérée à cette orientation nouvelle de l’Organisation atlantique. La France se soumet donc à ce qui est, de manière éclatante, une politique agressive des États-Unis à l’égard de tout pays qui pourrait seulement contester leurs choix géopolitiques et leur volonté de domination. Vouloir jouer au gaullisme et afficher ou tenter d’afficher une position différente de celle des États-Unis et de leurs alliés, dans les conflits généralement suscités par Washington, s’avère donc en incompatibilité absolue avec les entraves que la...

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