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Occident-Russie, une Guerre de Cent Ans : depuis 1945, des blessures qui n'ont pas cicatrisé (partie 3)

CONTRIBUTION / OPINION. Notre lecteur, qui réside en Russie, voit dans l'histoire contemporaine des relations entre la Russie et l'Occident un fil conducteur : celui d'un conflit d'intensité variable qui n'est pas sans rappeler la Guerre de Cent Ans. Première partie à lire ici
Deuxième partie à lire ici

/2023/03/occident-russie-cent-ans-guerre-brzezinsky


En ce qui concerne la Russie, le conflit est existentiel au sens classique du terme. Perdre peut signifier la disparition du pays, de la même façon que l’URSS a cessé d’exister. Il est vraisemblable que l’état russe est entré dans cette guerre sans avoir pleinement conscience de ce fait. Les buts de guerre officiels et avoués étaient la « dénazification », et la « neutralisation » de l’Ukraine. Cela paraît un peu obscur, qu’il me soit permis de les reformuler sous un éclairage historique : il s’agissait de reprendre un peu du considérable terrain géopolitique perdu sous la pression permanente des USA, depuis les accords de Yalta (1945). Le conflit en Ukraine était en germe dès la première extension de l’OTAN. Je pense que les Russes étaient convaincus, en février 2022, que l’intervention armée amènerait rapidement toutes les parties à la table des négociations pour des discussions, qu’ils espéraient, cette fois, sincères. Ils avaient sous-estimé l’importance, aux yeux de la clique des néoconservateurs, du projet de destruction de l’état russe, la détermination à y sacrifier tous les alliés européens, et la soumission veule des dits alliés aux pressions états-uniennes. Ainsi, ce sont les Européens eux-mêmes qui sont intervenus pour saboter les deux premières tentatives de négociations. Lors de la seconde, Boris Johnson s’est déplacé à Kiev pour interdire à Zelensky de négocier. Donc, par le geste et la parole, Boris Johnson a convaincu la Russie que l’Occident était son véritable ennemi, et qu’aucune négociation ne serait possible. Et comme dit plus haut, Angela Merkel, mais aussi François Hollande, en ont rajouté une couche. Car déclarer publiquement que les accords de Minsk n’étaient qu’une manœuvre dilatoire pour se donner le temps de transformer l’Ukraine en tête de pont de l’OTAN, c’est exposer à toute l’opinion publique russe que :


1) L’hostilité présente de l’Europe n’est pas née...

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