Pourquoi un sommet de l’OTAN à Ankara est une ineptie
CONTRIBUTION / OPINION. Dans un contexte particulièrement mouvementé pour l'OTAN, celle-ci se réunit ce mardi 7 juillet à Ankara, dans la Turquie d'Erdoğan devenue le mouton noir de l'atlantisme. Et si l'heure était venue pour la France de s'écarter de l'orbite géostratégique américaine ?
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Avant d’aborder le cas du sommet d’Ankara, rappelons rapidement le motif de la décision du général de Gaulle de dégager la France de l’emprise de l’OTAN. Il y a plus de soixante ans, le 9 septembre 1965, celui-ci déclarait qu’« au plus tard en 1969 cessera la subordination qualifiée d'intégration qui est prévue par l'OTAN et qui remet notre destin à l'autorité étrangère ». C’était clairement la « subordination » de la France qui justifiait la décision. Or celle-ci ne visait nullement à rompre l’alliance franco-américaine, il n’était pas question de dénoncer l’Alliance atlantique, mais seulement de se retirer d’une organisation militaire qui « remettait notre destin à l’autorité étrangère », c’est-à-dire une organisation militaire intégrée aux ordres des Américains. On opposera peut-être que le contexte de l’époque n’est plus celui d’aujourd’hui. C’est vrai, le nôtre est pire.
Mais revenons à ce sommet de l’OTAN de 2026. Et d’abord au choix de la capitale turque, Ankara, pour le réunir. L’OTAN ne pouvait prendre une initiative plus inopportune.
Pourquoi la Turquie ?
Certes, il existe bien des problèmes entre la Turquie et la Russie, mais personne ne semble avoir remarqué combien, néanmoins, les rapports entre les deux pays, de nos jours, sont devenus étroits. Depuis dix ans, ils n’ont cessé de s’approfondir, depuis le lancement du projet de TurkStream, gazoduc d’un millier de kilomètres, reliant la Russie à la Turquie d’Europe au travers de la mer Noire : il est entré en activité en 2020. La décision turque, en 2017, d’acheter des systèmes anti-missiles extrêmement modernes S-400 à la Russie, allait dans le même sens, tout comme, quelques années plus tard, la vente par Rosatom à la Turquie de sa première centrale nucléaire. Il est loin le temps où, en 2019, Patrick Shanahan, le secrétaire d’Etat américain à la Défense du président Trump, déclarait que l’affaire des S-400 « empêcherait...
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