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Quand l’UE favorise l’essor des controversées sociétés de recouvrement

29/01/2021

ARTICLE. UFC-Que Choisir vient de publier une étude sur les crédits à la consommation cette semaine. L’association pointe l’essor des crédits à la consommations impayés et leur rachat par des sociétés de recouvrements. Ces entreprises aux pratiques douteuses s’engouffrent dans le marché de la pauvreté avec délectation, tandis que la Commission européenne leur ouvre grand la porte.

Quand l’UE favorise l’essor des controversées sociétés de recouvrement

Alors que le chômage explose et que la crise économique est aux portes du pays, UFC-Que Choisir s’inquiète de la recrudescence des crédits à la consommation. Ils sont les prémices, pour certains ménages fragiles financièrement, du surendettement. Dans une étude parue le 28 janvier, l’Association de consommateurs alerte sur le rôle opaque tenu par les sociétés de recouvrement.

Le marché des crédits impayés est énorme : en 2020, il atteint 22 milliards d’euros en France (2,3% des crédits totaux), et représente un montant moyen de 1 700 euros par ménage concerné. Loin devant l’Espagne et l’Italie (14 milliards), et bien plus éloigné pour l’Allemagne (3,8 milliards). Fatalement, les banques se trouvent parfois confrontées à des débiteurs qui ne remboursent pas leurs crédits. Un manque à gagner pour ces établissements obligés de provisionner des fonds visant à anticiper les risques de non recouvrement. Environ 3 milliards “dorment” dans les comptes, et correspondent à des crédits dont le remboursement n’a pas été entamé depuis cinq ans.

Une situation qui inquiète l’Union européenne. En décembre, la Commission s’est saisie du sujet, proposant la création d’un réseau de structures de défaisance (“banques poubelles”) au niveau européen. Selon UFC-Que Choisir, cela reviendrait à ouvrir grand les vannes au développement des controversées sociétés de recouvrement.

Pour se libérer de ces créances « pourries », les établissements bancaires les revendent à ces entreprises spécialisées. Ces dernières les achètent à un prix fixé en moyenne à 20% du montant total prêté. Le consommateur lui n’est pas nécessairement informé de ce transfert, qui les livre à ces sociétés parfois peu soucieuses de la morale. Il s’agit d’un marché en plein envol : en 2017, le montant des dettes rachetées était de 350 millions d’euros. Il a atteint sept milliards en 2020 et pourrait dépasser les dix milliards en 2021....

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