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« Tuer une nation vivante pour sauver un rêve de mort » : le bilan international de Macron vu par Pierre-Yves Rougeyron

LE « SEPTENNAT » DE MACRON / ENTRETIEN. Après sept années au pouvoir, quel bilan pour Emmanuel Macron ? Alors qu’il souhaitait en 2022 le rétablissement du septennat, avant de se dédire et d’estimer qu’il s’agirait d’une « funeste connerie », Front Populaire a interrogé plusieurs experts pour analyser son « septennat ». Pour Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, le bilan international et géopolitique d'Emmanuel Macron est catastrophique : il est celui de la soumission dogmatique à l'étranger et au supranational.

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Emmanuel Macron, Olaf Scholz et Donald Tusk.© STEFAN BONESS / IPON/SIPA


Front Populaire : S’il y a un thème sur lequel le macronisme a maintenu son cap sept ans durant, c’est bien l’Europe. C’est-à-dire l’Allemagne ?


Pierre-Yves Rougeyron : Comme nous l'avions prévu, la germano-servilité est le seul trait permanent d'une politique étrangère brouillonne, menée, de toute évidence, par un homme dont le réalisme et la compétence ne sont pas les premiers attraits. Comprenez bien qu'à ce niveau, Macron adapte la doctrine internationale de Sarkozy. Comme l'avait brillamment souligné le géopolitologue Clément Nguyen, la France depuis Sarkozy entend , au risque de nuire à ses intérêts et de mutiler les moyens de sa puissance, renforcer des ensembles structurellement voués à s'affaiblir dans le monde qui vient comme l'UE ou l'OTAN. Macron reprend cela mais contrairement à Sarkozy qui est un occidentaliste, il veut vraiment dissoudre la France dans l'UE. 


FP : La guerre russo-ukrainienne et la fuite en avant belliciste des européistes – Macron à l’avant-garde – qui a suivi a fait ouvertement mentir le fameux slogan “L’Europe, c’est la paix”. Jusqu’à quel point ?


PYR : La Guerre froide et l'équilibre de la Terreur furent la paix. L'Europe, c'est la substitution d'un impérialisme allemand militaire à un impérialisme allemand économique promu par le fédérateur extérieur américain dans les deux cas. Pour le reste, je vous rappelle que l'Europe contemporaine a eu comme mortier le sang de la Yougoslavie et a encouragé les exactions du régime rwandais, l'écrasement américain de l'Irak, l'anéantissement occidental de la Libye, les révolutions colorées et maintenant la mort ou la blessure sévère de plus d'un million d'hommes en Ukraine, si on en croit Alain Juillet. Comme puissance pacificatrice, on repassera, si vous le voulez bien.


FP : Certains de nos compatriotes les plus âgés se souviennent encore du temps où la France était grande et, surtout, dotée d’une voix singulière. Historiquement, l’un de ses grands atouts était sa diplomatie....

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