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D’une ouverture de marché à une autre

22/12/2020

OPINION. Le flop de l’ouverture du marché ferroviaire met en évidence qu’on ne se frotte pas aussi facilement que ça à une SNCF à laquelle il ne manquerait pas grand-chose pour devenir l’EDF des années 80. Le parallèle que je faisais, mi 2018, entre cette ouverture et la soi-disant ouverture du marché de l’électricité, devient plus qu’intéressant.

D’une ouverture de marché à une autre

Le projet de réforme de la SNCF prévoyant, entre autres, l’ouverture du marché ferroviaire à la concurrence a provoqué une ire des cheminots que la France n’avait plus connue depuis 23 ans. Comme il y a 23 ans, l’économie du pays est aujourd’hui soumise à rude épreuve par une grève des trains dont la dureté n’a d’égale que la surprenante mansuétude de la population laborieuse. Pourtant, tout le monde s’accorde à reconnaître que, avec 54 milliards d’euros de dettes, des infrastructures réseau en voie de délabrement et un service rendu aux usagers de moins en moins diligent, il y a urgence à transformer la société nationale.

Au tournant du millénaire, tel était très loin d’être le cas d’une EDF dont, depuis plusieurs années déjà, les intégristes libéraux de Bruxelles ourdissaient pourtant l’effacement de l’exemplarité. Ils ne pardonnaient pas à notre opérateur historique l’arrogance consistant à rendre vain de soumettre le commerce des KWh électriques français à leur discipline standardisée du marché. Comment ? Tout bonnement en étant trop bon marché et, fait aggravant, sans avoir préalablement recouru à la subvention d’État ! Bref, jusque vers la fin des années 80, cette EDF-là était une entreprise efficace ayant simplement su faire les bons choix, au bon moment, et surmonter les handicaps hérités de son statut.

Hélas, le 15 juin 2010, cette EDF-là fut délibérément entravée par des institutions françaises serviles, incapables de faire analytiquement la part des choses économiques, technologiques et sociales, profitables à la Nation, d’opposer la moindre réserve pertinente à l’injonction de Bruxelles : l’inique loi NOME fut promulguée, première étape d’une longue descente aux enfers de l’approvisionnement électro énergétique national dont les Français sont encore loin de connaître l’épilogue.

La disposition ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique) de cette loi n’est pas la moindre des traductions de...

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