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Écofascisme : épouvantail ou véritable menace ?

CONTRIBUTION / OPINION. Non sans efficacité, certains libéraux aiment à agiter le chiffon de « l’écofascisme » dans les médias. Un non-sens sur le plan de l’histoire des idées, mais qui cache un autre agenda politique guère plus réjouissant.

/2023/09/Ecofascisme-totalitarisme-environnemental


Existe-t-il un risque écofasciste, un écologisme fasciste ? On ne peut que répondre par la négative : les valeurs intrinsèques et essentielles qui constituent l’écologisme et leur articulation — car une idéologie est toujours une configuration spécifique de croyances et de valeurs, pas juste la liste de celles-ci —, sont rigoureusement opposées à toute forme de fascisme. En effet, comment diable un écologiste qui a en horreur la démesure (morale, technique, politique, économique, etc.), qui craint comme la peste les grandes organisations mécanisées, bureaucratiques et qui valorise la diversité biologique et culturelle pourrait-il s’acoquiner avec la logique des marches aux flambeaux, de l’embrigadement militariste généralisé et du lebensborn ?

À la rigueur, comme on le verra, un environnementaliste, quelqu’un qui défend « la nature » et/ou « l’espèce humaine » pourrait bien considérer la conservation, le sauvetage de celles-ci comme leur purification, leur mise en boîte de Petri, leur conformation à un modèle de pérennisation, de survie, et cela par le biais de marches (par exemple fiscales) aux panneaux photovoltaïques, d’embrigadement industriel et d’un joli lebensborn libéral, plein de kits et de gammes de produits génétiques qu’on choisit aux têtes de gondoles d’internet.

Car, contrairement à ce que la vulgate médiatique et la vulgate particratique répètent, l’une parce qu’elle n’y comprend rien (et est vouée à flatter la paresse intellectuelle), l’autre parce qu’elle y trouve son intérêt en termes de niches marketing, un environnementaliste n’est pas plus un écologiste que Bismarck n’était socialiste ; et aucun des deux ne contient conceptuellement l’autre.

Quoique l’on assimile dorénavant presque systématiquement les deux termes, l’écologisme n’a jamais été une simple défense de « la nature » : certes un écologiste considère que la nature, comme totalité, a un rôle et des intérêts propres dans le face à face des hommes et indépendamment de lui, qu’elle le conditionne, mais elle s’intègre dans un...

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