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Écologie : une question d’état de nature

Patrick Pelluau

11/10/2023

CONTRIBUTION / OPINION. Malgré l’hypocrisie qui le caractérise parfois, le mouvement écologiste qui traverse la société est avant tout le signe d’une rupture de l’homme moderne avec son environnement et sa nature profonde.

Écologie : une question d’état de nature


Les signes ne varient pas, les attitudes restent les mêmes, les discours se succèdent en une rhétorique mille fois entendue. Désespérant. En l’espace de quelques décennies, la biosphère mondiale s’est effondrée de 70 %. Monstrueux. Lorsqu’on écoute les journalistes du JT, ça semble juste une fatalité à laquelle s’habituer, une ennuyeuse conséquence du progrès de nos sociétés modernes technologiques. Constat amer, nous dit-on, avant de passer à autre chose.

J’hésite, tout d’abord, à écrire ce qui suit. En quoi serais-je habilité à dire ce qu’il en est ? Qui suis-je pour donner un avis ? Sur le sujet, tant a déjà été dit, qu’on en éprouve à présent presque de l’agacement. Bien sûr, on ne peut s’empêcher de voir et de penser. Comment ne pas réagir ? Mais rien ne désigne l’expert en moi, alors il ne faut pas accorder trop de crédit à toutes ces impressions : je suis un ignorant.

Il semble évident pourtant que nous nous consumons, tous, ensemble, dans une grande apothéose macabre et silencieuse, dérisoire d’imbécillité. Mais nous avons le temps, rien ne sert de courir, il faut mourir à point.

Tout peut être reporté, sauf notre disparition, inéluctable. C’est une question de petits jours s’égrenant les uns derrière les autres. Rien de mirobolant, en somme, un simple reflet hypnotique du quotidien immuable : que risquons-nous, alors que rien ne change ? Endormi dans l’immuabilité ouatée d’un monde à notre main, quelle urgence y aurait-il à vouloir s’en défaire, se priver de ses facilités ? « L’effondrement de la biosphère » : ce sont des mots qui s’étiolent là-bas, aux confins de nos villes, dans l’épaisseur des forêts, l’ombre des fourrés, loin de nos murs. Plus d’insectes, plus d’oiseaux dans les champs, la belle affaire ! Il reste les corbeaux pour manger nos ordures.

Ah ! Demain...

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