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Folie et décadence française, partie 2 : Macron, des archipels et des fractures

CONTRIBUTION / OPINION. Emmanuel Macron se voyait révolutionnaire dynamitant l'Ancien monde politique. Il sera plutôt synthèse extrême de l'élite mondialiste, roi fragile et méprisant d'une France en voie d'archipélisation avancée. Deuxième partie sur quatre. PREMIERE PARTIE À LIRE ICI

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© Petros Karadjias/AP/SIPA


Dans son médiocre livre de campagne Révolution, notre président alors candidat déclarait que le clivage gauche droite en France était devenu une plaie qui confinait la France à un délétère immobilisme. Les deux grands partis de la droite et de la gauche rassemblent des personnalités qui ne partagent aucunes valeurs, nous dit-il, tandis qu’ils séparent ceux animés d’une même volonté de faire bouger les choses. Macron se place au-dessus du clivage gauche droite ; il croit pouvoir, en 2016, en finir avec l’hégémonie des Républicains (qui viennent de succéder en 2015 à l’UMP) et du Parti Socialiste. Depuis le début de la Vème, les deux partis se partagent le pouvoir, au sein de l’exécutif comme du législatif, et sauf l’épisode de 1962 et l’accident de 2002, le deuxième tour de la présidentielle a toujours vu s’affronter les candidats des deux camps.

Macron réussira au-delà de ses espérances : en 2022, lors de la présidentielle, six ans après sa prophétie dans Révolution, LR et le PS dépassent péniblement, en cumulé les 5% ; à l’Assemblée, les deux partis sont relégués au second plan, eux jadis dominants deviennent des forces secondaires et d’appoint, dépecés irrémédiablement par les ailes plus radicales de leur camp ou par la Macronie. Ne demeure, pour ces deux partis jadis hégémoniques, que les bastions et les vestiges du passé, quelques fiefs et quelques circonscriptions çà et là pour rappeler ce qu’ils furent un temps. Un peu plus de dix ans après son élection éclair de 2017, le rêve un peu fou de Macron est quasiment accompli : lors de sa brillante dissolution de 2024, les deux partis n’ont que péniblement survécu, acceptant les compromissions pour le PS, s’accrochant avec la force du désespoir aux derniers bastions pour LR ; les municipales de cette année ont confirmé le recul inexorable des deux...

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