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Folie et nihilisme américains - partie 2 : Trump et le wokisme sont sur un bateau

CONTRIBUTION / OPINION. La victoire de Trump en 2024 ne tient pas tant à son sens politique aiguisé qu’à l’effondrement stratégique du parti démocrate. Prisonnier du wokisme, sourd aux classes moyennes et rongé par le ressentiment identitaire, il a laissé le champ libre à son miroir inversé. Deuxième acte d’une radiographie en quatre parties du nihilisme américain.

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Crédits illustration : ©James Petermeier/ZUMA/SIPA

Ceci est la deuxième partie d'une série de quatre articles. Retrouvez la partie 1 ici.


Rétrospectivement, on se dit que la présidentielle de 2024 était imperdable pour les démocrates. En 2020, Trump est nettement battu (au vote populaire, 7 millions de voix, un record, le séparent finalement de Biden) ; il faut dire qu’il s’était largement décrédibilisé pendant quatre ans, enchainant les bourdes, par exemple sur la gestion de la crise du COVID (il déclarait, à la télévision et devant un parterre de médecins atterrés, que se mettre de la javel dans la gorge permettait de prévenir du COVID — le 24 avril 2020), par exemple en diplomatie (après une bourde il doit notamment faire une conférence de presse expresse et lunaire pour plaider le lapsus et l’erreur dans l’usage de la négation lorsqu’il s’adressait Poutine, pour ne pas désavouer ses propres services de renseignement — le 18 juillet 2018 ; lors d’un autre épisode, il déclare au ministre italien que les peuples américains et italiens partagent une histoire commune qui remonte à l’Empire romain — le 20 avril 2017), par exemple en économie (il déclarait que l’augmentation des cours de bourse permettrait de réduire la dette publique du pays — le 12 octobre 2017). Deux ans plus tard, aux élections de mi-mandat de 2022, les candidats qu’il soutient obtiennent des résultats plus que décevants, seul JD Vance obtient un résultat probant, le reste est battu, plus ou moins nettement.

Depuis sa victoire surprise en 2016, Trump s’est transformé en une machine à perdre pour les républicains ; si son nom permet de rassembler, notamment l’ensemble des franges les plus radicales du parti républicain, il ne permet pas la victoire, pire, il a l’air d’aller de pair avec la défaite électorale. Sa victoire en 2024, de fait, surprend, et...

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