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Identité nationale et droits de l’homme : des droits collectifs (partie 4)

04/02/2022

OPINION. Entre universalisme et identitarisme, qui sommes-nous réellement ? Dans le quatrième et dernier épisode de cette réflexion, Henri Temple s’interroge sur la place de l’identité nationale et des droits individuels et collectifs que celle-ci permet dans notre monde globalisé.

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Identité nationale et droits de l’homme : des droits collectifs (partie 4)


Si la personne humaine possède des droits, dont celui à une identité notamment nationale, a fortiori les nations disposent aussi de droits, ce qui inclut évidemment celui à une identité nationale. Les droits des Peuples et Nations sont hiérarchiquement supérieurs aux droits de l’homme individuels car ces derniers en dépendent et les droits de l’homme collectifs  concernent de vastes agrégats d’êtres humains (Les droits de l'homme : Droits collectifs ou droits individuels, Actes Colloque Strasbourg de 1979, in Revue internat. droit comp.,1981, Vol. 33, n°3). Ces droits humains collectifs sont consubstantiels des droits démocratiques internes et de l’indépendance nationale : la liberté est un bloc qui ne se divise pas et inclut la souveraineté.

Mais la Convention européenne de 1950 (CEDH) a gravement faussé la perspective des droits de l’homme en passant sous silence que les nations bénéficient, elles aussi, de droits de l’homme collectifs majeurs, reconnus par des textes universels, de force morale et hiérarchique supérieure. Il aurait donc été  indispensable non seulement d'évoquer les Déclarations et Chartes des Nations-Unies dans le préambule de la convention de Strasbourg (ainsi que cela est fait), mais aussi d'en inclure certaines règles dans le corps exécutoire de la CEDH elle-même pour en permettre la sanction. Car le non respect de ces droits collectifs entraîne des atteintes aux droits de l’homme individuels (comme au Tibet, au Turkestan oriental, au Kurdistan, etc.) : ces atteintes provoquent de grandes souffrances individuelles. Le désespoir des Tibétains, des Karens, des Kurdes, des Papous et des Darfouris hante nos écrans de télévision. Comme jadis ''l’enfant grec.''

Le droit à être reconnu comme nation 

Des pouvoirs coloniaux, une puissance occupante, un dogmatisme politique, peuvent affecter collectivement des millions de personnes par la négation des droits d’une nation dominée ou même de son existence.  Le sentiment de frustration et de colère qui découle...

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