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Le sport : plus que jamais un instrument politique

05/10/2022

OPINION. Des footballeurs iraniens soutiens de la révolte de Téhéran, boycott de la Coupe du monde au Qatar, l’Arabie saoudite désignée pour accueillir les Jeux asiatiques d'hiver en 2029… L’actualité nous montre, plus que jamais, que le sport est politique.

Le sport : plus que jamais un instrument politique

Au Québec, nous commémorions récemment les 50 ans de la fameuse Série du siècle, qui se déroula en septembre 1972 et opposa l’équipe du Canada à celle de l’URSS pour une série de 8 matchs, lesquels ont certes changé la face de ce sport, mais aussi les rapports politiques au Canada.

À cette époque, cela faisait seulement sept ans que le drapeau canadien avait été adopté, pour remplacer le drapeau royal de l’Union. Et, comme le rappelait récemment l’ancien cerbère étoile du Canadien de Montréal Ken Dryden, s’il y avait eu des plaintes et des protestations au sujet de l’unifolié, celles-ci s’éteignirent rapidement après la série en question.

Car la série avait contribué à consolider une identité nationale encore diffuse. Ce fameux nation-building (ou construction étatique), inhérent à chaque État et permettant d’augmenter leur capital symbolique sur la scène internationale. D’autant plus qu’en pleine guerre froide, les deux équipes cristallisaient deux visions du monde qui rivalisaient à l’échelle planétaire : le libéralisme économique de l’Ouest contre le communisme (ou du moins une interprétation de celui-ci) de l’Est.

Pouvoir de convaincre

Cette façon d’instrumentaliser le sport à des fins politiques fait partie de l’arsenal dont dispose un acteur politique pour tenter d’influencer, par la persuasion qu’instituent le prestige et le rayonnement, d’autres acteurs politiques ainsi que l’a démontré le politologue américain Joseph Nye dans son livre Bound to lead : The Changing Nature of American Power, paru en 1990.

Cet ouvrage, qui se voulait être une réplique à la thèse du déclin des grandes puissances soutenue par l’historien britannique Paul Kennedy, prône le concept de soft power, ou pouvoir de convaincre. C’est-à-dire avoir des moyens non coercitifs d’influencer et faire des gains substantiels du point de vue de la politique (sport, cinéma, musique, culture, etc.), par opposition au hard power...

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