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L’éloquence est un souverainisme

29/09/2020

OPINION. Et si l’éloquence était la clé de la démocratie vivante ? Outil citoyen par excellence, son usage est plus que restreint et son enseignement loin d’être généralisé. Pourtant, sa portée est universelle. Sans cet outil, le citoyen n’est que l’ombre de lui-même et la démocratie une caricature de souveraineté populaire. Voici mon plaidoyer.

L’éloquence est un souverainisme

Qui peut imaginer que la démocratie puisse se faire sans le peuple ? A priori personne. Penser le contraire serait une absurdité sémantique, un contre-sens. La démocratie, c’est le pouvoir du peuple exercé par le peuple et pour le peuple. L’exercice du pouvoir est pareil à l’artisanat : il nécessite un savoir, un savoir-faire, des outils et une initiation. Autrement dit, une citoyenneté effective, épanouie. Aussi le pouvoir aux mains du peuple ne saurait être la somme d’exigences individuelles exprimées au gré des envies et des désirs. L’exercice du pouvoir est une pratique de gouvernance, plus ou moins maîtrisée, une chirurgie plus ou moins fine selon la qualité de la formation reçue et du soin apporté à l’ouvrage. Mais qui est chargé de transmettre ce savoir, d’initier le peuple à l’exercice de ce pouvoir ? L’école républicaine ? La famille ? Les associations ? Et de quelle façon ?

Quoi qu’il en soit, croire en les vertus de la démocratie, c’est croire en la capacité de tous à participer activement et sciemment à l’élaboration convergente d’un projet. C’est croire en la volonté d’un peuple à construire le bien commun, en tempérant les aspirations individuelles pour laisser une place au collectif. Ainsi, l’individu et le citoyen cohabitent, dans un arbitrage permanent qui doit éviter que l’un triomphe de l’autre et veiller à ce que l’un et l’autre se cèdent la place à tour de rôle avec une déférence réciproque. La démocratie implique un dialogue quotidien entre ces deux états que nous habitons, ou plutôt qui nous habitent. Dans un monde idéal, dans une démocratie parfaite, ce dialogue est équilibré. Mais la réalité que nous connaissons est bien moins lisse. Et c’est peut-être une bonne chose. Le dialogue entre l’individu et le citoyen est affaire de tempête, de bataille, de pression… parfois...

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