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Macron et la réforme de l’ENA : tout changer pour que rien ne change, mais en pire

31/08/2021

OPINION. En annonçant une réforme de l’École nationale d’administration, Emmanuel Macron tente de flatter les pulsions dégagistes de citoyens résignés. Mais en réalité, il y a peu de chances que le système répare la fracture entre le peuple et les élites.

Macron et la réforme de l’ENA : tout changer pour que rien ne change, mais en pire

Que l’ENA soit l’objet d’une détestation générale répond à sa fonction bien naturelle de bouc émissaire que le gouvernement utilise pour redorer son image. Annoncer des mesures facilement populaires comme la suppression de l’affectation directement dans les grands corps de l’État à la sortie de l’École peut lui attirer une sympathie facile. En bonne logique, accéder à ces grands corps requiert quelques années d’expérience de terrain avant d’être institué maître et gardien de la Vérité.

Le regretté Bernard Zimmern, ENA, X et entrepreneur, avait créé une promotion virtuelle de membres de l’Inspection générale des finances et d’autres grands corps, la Promotion Titanic, en recensant les pertes qu’ils avaient occasionnées aux entreprises qu’ils ont administrées et les irrégularités de gestion qui ont coûté quelques paquets de millions aux finances publiques. Ces gens sans contact avec la réalité ont procédé par idéologie, appliqué des dogmes et non agi par la sagacité du stratège à laquelle rien ne les prépare ni ne les entraîne. Les grands corps ont inventé le « capitalisme des fonctionnaires titulaires » qui ne risquent rien financièrement et ont la garantie de l’emploi, décoration assurée en sus.

Mais la détestation dont l’ENA fait l’objet va plus loin : c’est l’arrogance et la prétention à l’omniscience — que la crise du COVID a mis en relief — dont fait preuve la haute administration, notamment celle de Bercy qui a depuis des décennies réduit le nombre de lits à l’hôpital par soumission aux dogmes européens (ce qui est la vraie cause des mesures de confinement). « En même temps », le système de santé est passé sous la coupe de l’administration avec les ARS, qui, elles, ne sont pas à la diète avec 8600 agents, dont le rôle a été de régenter les hôpitaux durant la crise, bridant toute les initiatives...

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