opinionsDécentralisation

Penser une politique étrangère girondine

20/01/2021

OPINION. Nous évoquions hier les dangers pour la nation de la création de la Collectivité européenne d’Alsace. Voici un texte qui d’une certaine manière prolonge et nourri la réflexion et les questionnements sur les thèmes de la décentralisation et plus globalement sur la possibilité de mettre en œuvre une politique girondine en France.

Penser une politique étrangère girondine

Michel Onfray évoque souvent un Etat girondin – décentralisateur, provincial, communal, basé sur la coopération – contre l’Etat jacobin actuel – centralisateur, parisien si ce n’est dorénavant bruxellois, basé sur la direction. Si on connaît déjà bien l’Etat jacobin, on se demande à quoi ressemblerait concrètement un Etat girondin. Or, un champ d’action régalien semble échapper aux logiques girondines : la politique étrangère parait être un instrument par excellence jacobin ; sans centralisme, comment concevoir une action extérieure nationale cohérente ? Dès lors, peut-on penser des relations internationales qui soient girondines ? C’est ce que nous nous proposons de faire.

Depuis le Traité de Westphalie de 1648, les Etats sont les acteurs prédominants du système international. Deux mouvements contigus ont mis fin à leur règne. La Mondialisation, tout d’abord, a rendu inopérante la distinction nette entre l’extérieur et l’intérieur, entre l’étranger et le national, par la libre-circulation des biens, des services et des Hommes, et donc, par l’effacement des frontières. La décentralisation, ensuite, a desserré quelque peu la tutelle de l’Etat sur les collectivités territoriales, leur permettant de s’insérer dans ce nouvel environnement international. Au côté d’un Etat centralisé, des régions, des départements et des communes développent leur propre politique étrangère dans le respect de leurs compétences propres : c’est ce qu’on appelle « la diplomatie des villes ». Ce nouvel état de fait permet de penser des relations internationales girondines.

Pour analyser leurs potentiels et leurs limites, il convient d’utiliser une méthode chère à Michel Onfray : faisons de la généalogie.

Les relations internationales des collectivités débutent par un acte politique que nous connaissons tous, car tous les villages et les villes françaises sont jumelés avec un, deux, voire plus, de communes étrangères. Les jumelages prolifèrent après la Seconde Guerre Mondiale, à partir des années 1950. Leur motivation est...

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