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Pourquoi la natalité est un sujet politique en France (partie 2)

CONTRIBUTION / OPINION. La fin de non-recevoir opposée par les milieux progressistes à la relance de natalité comme remède au déclin démographique de la France se fonde sur un arrière-fond historique et idéologique fallacieux que l’auteur de ce texte en deux parties se propose de démonter.

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Crédits illustration : © Alain ROBERT/SIPA


La sphère économique est également l’objet d’ingérences multiples. Les autorités politiques ne cessent de façonner et d’orienter nos choix de vie individuels en fonction de leur efficacité économique et des externalités positives qu’ils peuvent générer. Nos habitudes de consommation sont ainsi mobilisées au service de la croissance et notre propension à l’achat stimulée sciemment par une publicité omniprésente. Notre potentiel financier est également instrumentalisé au service de la puissance économique de la nation : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires », tempêtait le président Macron au début de son mandat, sans se rendre compte qu’il se faisait l’écho du dirigeant chinois Deng Xiaoping qui avait acté la sortie du communisme dans les années 70 par la sentence : « Devenir riche est glorieux ! »

Quid des préconisations ou autres recommandations incessantes à adopter une bonne hygiène de vie ? Manger cinq fruits et légumes et boire deux litres d’eau par jour, fuir l’alcool et le tabac, réduire sa consommation de viande rouge réputée cancérigène, rien ne semble échapper aux injonctions de l’hygiénisme ambiant. Le président Macron n’a-t-il pas appelé dernièrement les Français à faire « au moins 30 minutes » de sport « chaque jour » ? Le bon citoyen dans un système capitaliste est un être humain optimisateur qui maximise son temps de vie. Il conserve son énergie et retarde sans cesse la déchéance physique. Avec pour objectif de rester productif et ne pas jamais peser sur les finances publiques. L’euthanasie ne viendrait-elle pas à point nommé pour inciter les plus improductifs à mieux exercer de leur liberté individuelle ?

Dans l’ensemble des domaines suscités, il n’y a pas d’autonomie individuelle qui tienne : la frontière entre sphères privée et publique est violée, nos choix personnels instrumentalisés et nos comportements promus ou vilipendés en fonction de leur utilité sociale ou de leur salubrité morale. Sans...

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