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Quand la poésie plie bagage, c’est que les balourds atroces tiennent la scène…

08/05/2021

OPINION. Entre vulgarité, médiocrité intellectuelle et arrogance, notre abonné dresse un triste tableau du monde artistique actuel. Débarrassé de toute poésie, ce petit milieu semble pour lui n’être plus qu’un repère à « balourds » pseudo-engagés.

Quand la poésie plie bagage, c’est que les balourds atroces tiennent la scène…

Des poètes vrais et profonds, simples amoureux des paysages et admirateurs du monde, eux nous quittent. Ils s’en vont, tandis que certains êtres — au sujet desquels la féminité ou la virilité deviennent sources d’hésitations funestes, incapables de donner dans le quiproquo cocasse ou un peu drôle, à défaut du reste — acceptent non seulement de s’enlaidir, mais aussi prétendent forcer bien des spectateurs à admettre comme une norme ou une vertu menaçante cette laideur incroyable et stupide. Celle des balourds et des idéologues, creux qui tiennent la scène et discourent devant des otages impuissants.

Pendant que, dans un temps devenu vulgaire, sépulcral, mais plus forcément respectueux devant la vie comme devant la mort, douloureuse et amère, s’efface un magicien des paysages rajeunis ou renouvelés dans les mots, pendant que Philippe Jaccottet accède au silence (qu’il savait priser et qui n’est donc pas obligatoirement l’oubli), nos semaines s’agitent, bruissent, croassent et font saigner la beauté, font grincer les dents de petits innocents.

On nous dit que l’art existe encore, mais il suffit de mesurer que nos alphabets et nos traditions s’amenuisent, que nos langues s’assèchent, deviennent sifflantes et violentes comme celles de serpents arides, que nos langages se gargarisent de jargons divers et vides, pour sentir et savoir que la poésie, elle aussi, se défait et se défie désormais du monde, qu’elle quittera bientôt, bien vite, et sans même quelques-uns, jolis ou naïfs de ces légers regrets qui font parfois pleurer, une fois les yeux fermés, comme avant ou après un silence.

Que nous apporte l’actualité ? Oh ! Rien qu’une froide banalité, sans vraiment rien d’autre, sans cet ailleurs bleui et doux comme un murmure tranquille ou résigné : qui puisse rassurer la vie ou consoler devant la mort. Rien non plus qui ne veuille nous porter une brassée...

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