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Sauver la haute fonction publique et l’État de la tentation oligarchique : Science Po (partie 1)

OPINION. Plus grand monde désormais ne nie la rupture entre le peuple et les élites. Une situation qu’il convient d’analyser et de résoudre, selon notre contributeur, qui décortique la manière dont se fabrique le moule idéologique des serviteurs de l’État, et ce dès leur formation.

Sauver la haute fonction publique et l’État de la tentation oligarchique : Science Po (partie 1)

Quelle est la vocation des hauts fonctionnaires ? Ce sont les serviteurs les plus éminents de l'État, de la République, des rouages essentiels pour mener à bien les nombreuses missions de l’administration. Ils sont payés par le peuple, pour l’honneur de le servir.

Des dérives manifestes prouvent que cette définition ne s’applique plus : la haute fonction publique ne sert plus le peuple. Elle s’en défie, elle entend l’éduquer, et se lamente non sans une certaine inquiétude de le voir céder aux sirènes des voix qui ne sont pas la sienne. Elle est en rupture avec l’indépendance et la neutralité qui doivent faire sa probité, et se retrouve in fine dans son ensemble – quelle que soit la responsabilité personnelle de l’un ou l’autre de ses représentants – dans une position de trahison de la démocratie, dont elle se prétend pourtant le gardien le plus éclairé.

Réformer la haute fonction publique devient un impératif, pour lui faire retrouver cette indépendance et cette neutralité. Deux effets concrets seront recherchés dans une telle réforme : l’un structurel, à savoir lui créer une organisation plus vertueuse en elle-même (on rappelle qu’Aristote défend la nécessité de bonnes lois pour atteindre l’objectif primordial de rendre les citoyens vertueux) ; l’autre conjoncturel, à savoir lui imposer des garde-fous de circonstance pour corriger les mauvaises habitudes qui la rongent actuellement en profondeur, comme la constitution d’un vaste bloc d’intérêts communs à l’ensemble de la haute fonction publique, ou l’inscription de la quasi-unanimité de la haute fonction publique dans une idéologie mondialiste, qui ne reflète en aucun cas la volonté du peuple.

On soulignera que cette réforme est d’autant plus urgente que la vénalité, la connivence, le sens de l’intérêt personnel ont gagné une vaste partie des agents en place, jusqu’à modeler durablement le jeu de leurs relations...

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