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Agriculture et interventionnisme : l’héritage de 1936

20/05/2021

OPINION. Tandis que la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC) fait l’objet de nombreuses contestations d’agriculteurs, notre abonné fait un retour sur l’histoire de l’agriculture panifiée, héritage du gouvernement de 1936.

Agriculture et interventionnisme : l’héritage de 1936

Le monde agricole, et plus particulièrement les éleveurs de zones de montagnes, vient de manifester son mécontentement face à la distorsion entre les prix de vente de la production et le coût de revient de celle-ci. L’État et Bruxelles ont tenté mille fois d’élaborer des modèles d’intervention publique pour remédier à cette situation selon des procédures sans cesse plus complexes et finalisées au prix de négociations « marathoniennes ». Sera-t-il enfin possible de trouver une solution simple, stable et équitable ?

Pour alimenter la réflexion, il m’a semblé intéressant de rappeler une page de l’histoire paysanne au seuil de la Seconde Guerre mondiale. Alors que les pays nord-américains avaient à peine surmonté la crise économique de 1934-1935, la France se trouvait confrontée à son tour à de graves problèmes économiques et sociaux.

En 1936, le nouveau gouvernement Blum souhaite « revaloriser les produits de la terre combinée avec une lutte contre la spéculation et la vie chère de manière à réduire l’écart entre les prix de gros et les prix de détail ». On dirait maintenant entre les centrales d’achats, les producteurs ou éleveurs et les consommateurs ! C’est ainsi que le Front populaire va créer un Office interprofessionnel des céréales, soutenir les coopératives agricoles, organiser la livraison des engrais aux prix de revient par les Offices nationaux de l’azote et des potasses… et relancer la consommation. Pour mettre tout cela en œuvre, l’intervention de l’État est décidée. La création de l’Office du blé en est la meilleure illustration.

C’est le 15 août 1936 qu’est institué cet Office National Interprofessionnel du Blé (ONIB). Placé sous le contrôle des ministères de l’Agriculture et des Finances, il avait pour mission de déterminer les prix ainsi que les conditions d’échelonnement dans le temps des achats des producteurs. L’Office avait le monopole de l’importation...

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