Condamnation de Marine Le Pen : une exécution politique provisoire
CONTRIBUTION / OPINION. Le Tribunal de Paris a condamné Marine Le Pen et plusieurs membres du RN pour détournement de fonds publics, tout en relaxant des figures similaires dans l’affaire du Modem. Une décision qui soulève des interrogations sur une justice à géométrie variable et qui accentue le soupçon d’une manœuvre politique à l’approche des élections.
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Le jugement qui vient d’être rendu ce 31 mars par le Tribunal de Paris dans l’affaire dite « des assistants parlementaires du Rassemblement national au Parlement européen » est la synthèse d’une somme d’histoires de cornecul, et ce à plus d’un titre.
Sur le fond de l’affaire d’abord, où un tribunal décide de ce qui relève du travail de l’assistant parlementaire, ou n’en relève pas. C’est le tribunal de Paris qui vient d’édicter ce que doit être la fiche de poste d’un assistant parlementaire, c’est-à-dire en réalité, quand il fait de la politique pour son parti ou quand il n’en fait pas, quand il travaille pour le parlement européen, ou quand il ne le fait pas ! Convenez que cette vision, en appréciations aussi subtiles que subjectives, est une histoire de cornecul !
Dans une affaire identique concernant le parti Modem de François Bayrou, ce dernier a été relaxé et ses collaborateurs n’ont été condamnés qu’avec sursis, car il semble que ce soit une conception très souple et compréhensive de la fiche de poste qui ait été privilégiée dans ce cas d’espèce ! Histoire de cornecul !
Marine Le Pen est condamnée en vertu « d’un système » mis en place par le RN, système qu’elle aurait organisé et géré en tant que présidente de son parti, d’où « l’intentionnalité » de la fraude retenue par le tribunal. Un parti politique est forcément un élément du système politique, et il en est même un élément essentiel selon l’article 4 de la Constitution française. Mais ce « système » et sa « gestion » n’ont pas donné lieu aux mêmes appréciations de la part du tribunal pour le Modem et pour son chef François Bayrou, tribunal qui n’a pas retenu en ce cas « l’intentionnalité », d’où sa relaxe ! Histoire de cornecul !
Marine Le Pen est condamnée à 5 ans d’inéligibilité certes, mais aussi à 4 ans...